Dimension "sécurité d’approvisionnement énergétique" (PNEC)

Signalons que le texte ci-après ne fait pas référence à une roadmap intégrée et lisible pour la résilience énergétique. Une stratégie explicite n'est pas définie non plus pour  l'autonomie locale, les microgrids et le stockage saisonnier. Pourtant, il me semble que ces mesures proactives devraient être primordiales (par analogie : mesure d'isolation des maisons). 

La stratégie énergétique du Luxembourg semble bien présenter quelques limites. Il y a peu de stockage structurel. Il y a une grande dépendance externe. La sécurité est plutôt basée sur des interconnexions au niveau du marché européen. Il y a une faible décentralisation au niveau des microgrids et de l'autonomie locale, point essentiel à mon avis. 

Il semble bien qu'il y a bien une approche “prévention technique” mais pas une “résilience systémique”. On protège bien l'existant, mais on ne change pas radicalement sa structure. Ainsi on modernise le réseau, on veille à établir des interconnexions renforcées (allemagne, Belgique, France) pour une redondance externe. Le réseau est de plus en plus digitalisé. Les sites critiques sont protégés.La résilience des infrastructures es renforcée (par exempe la redondance des équipements critiques). Un autre pilier de sécurité est le renforcement de la cybersécurité.


Un ensemble de mesures a été donc bien défini, mais elles sont souvent procédurales (rapports, plans) et rarement quantifiés comme dans un plan industriel. Voici une énumération des mesures au niveau de la sécurité d'approvisionnement énergétique.


Par exemple, le contenu de la mesure 903 se situe sur le plan de la planification :

Le document complet est bien accessible en ligne https://www.blogger.com/blog/post/edit/3219520111519489987/1847102372165292672 

Il y a des aspects bien intéressants, comme par exemple les différents scénarios pouvant mettre à plat le réseau électrique.


Mais le Luxembourg a bien établi une sorte de workflow pour parer à ce genre d'incidents. Il n'est pas démuni et a bien pris des précautions en cas de crise. Voici le titre du document :

Luxembourg risk preparedness plan for the electricity sector in accordance with article 10 of the Regulation (EU) 2019/941 of the European Parliament and of the Council of 5 June 2019 on risk-preparedness in the electricity sector and repealing Directive 2005/89/EC : file:///S:/Users/Owner/Downloads/20260116-riskpreparednessplan-lu-final-public%20(3).pdf

La mesure semble assez compliquée dans son ensemble. Il y a dans une certaine mesure un workflow de type crise et non de routine. Le plan luxembourgeois fonctionne avec des phases prédéfinies, des rôles clairement assignés et des enchaînements d'action. C’est plutôt un processus de gestion de crise semi-structuré, hybride (procédures + décisions humaines). Le workflow n'est pas automatisé et n'est pas non plus linéaire.

En tant que citoyen lambda, je suis quand même impressionné, même s'il reste beaucoup à faire sur un plan stratégique et la mise en oeuvre systémique et systématique des propositions.

Le contexte général est cependant beaucoup plus vague.

Extrait du Plan national intégré en matière d’énergie et de climat du Luxembourg pour la période 2021-2030 - Mise à jour (PNEC)

En ligne avec les statistiques des années et décades précédentes, l’objectif principal du Luxembourg et d’assurer un niveau de sécurité d’approvisionnement énergétique très élevé pour tout type d’énergie, et de rester parmi les pays avec le niveau le plus élevé en Europe. En même temps, l’objectif est aussi de suivre une approche efficace, c.à.d. de garder un bon équilibre entre le niveau de sécurité attendu par rapport aux ressources investies par l’état et les consommateurs. De plus, la sécurité d’approvisionnement devra être assurée moyennant des investissements durable, besoin qui est clairement renforcé par le nouveau contexte géopolitique et la crise énergétique suite à la guerre en Ukraine. Ainsi, la stratégie devra se baser dans la mesure du possible sur l’efficacité énergétique ainsi que les ressources locales et renouvelables. L’expansion des énergies renouvelables nécessaires à la réalisation des objectifs permettra au Luxembourg de réduire considérablement sa dépendance vis-à-vis des importations d’électricité. Toutefois, en raison de l’énorme demande en électricité du secteur industriel, les sources d’énergie nationales ne suffiront pas à couvrir l’approvisionnement énergétique du Luxembourg à l’avenir. Dans le domaine de la flexibilité de la charge, le Luxembourg vise à augmenter considérablement la part des consommateurs participant activement au marché de l’électricité. La stratégie pour réduire la consommation de gaz et, par conséquent, diminuer la dépendance énergétique, nécessite une approche diversifiée. Tout d'abord, suite à la campagne nationale d'économie d'énergie "Zesumme spueren - Zesummenhaale", lancée pendant la crise énergétique afin d'inciter le grand public à réduire sa consommation d'énergie, une nouvelle campagne intitulée "Ton énergie fait la différence" a été initiée. Cette campagne s'inscrit dans la continuité de la précédente, mais adopte une approche plus globale en abordant la transition énergétique et la manière dont chacun peut y contribuer. Dans le secteur industriel, les mesures principales pour réduire la consommation de gaz incluent l'électrification des processus et l'amélioration de l'efficacité énergétique. Quant au secteur immobilier, l'application de normes strictes d'isolation thermique pour les bâtiments, ainsi que la mise en œuvre d'une stratégie de rénovation, permettront un abandon progressif du gaz naturel. De plus, dans le secteur de l'électricité, une transition progressive de la production d'électricité à base de gaz sera réalisée grâce à une augmentation significative de la production d'électricité à partir de sources renouvelables.

Néanmoins, étant donné que le Luxembourg dépend des importations d’énergie, le marché intérieur européen de l’électricité et du gaz se doit d’être pleinement opérationnel. Le pays souhaite donc accélérer l’achèvement du marché intérieur de l’électricité et du gaz avec une concurrence transfrontalière intensive entre les fournisseurs ainsi qu’avec un élargissement et une diversification d’offres au niveau des énergies renouvelables, par exemple par le biais de renewable PPAs. Entre autres, l’investissement dans l’énergie éolienne off-shore offre une voie intéressante pour soutenir la sécurité de l’approvisionnement énergétique grâce à la disponibilité élevée des ressources éoliennes. Par conséquent, le Luxembourg est également favorable à un renforcement de la coopération régionale dans le domaine de la sécurité d’approvisionnement en énergie, et vise à accélérer le développement de la flexibilité de la demande et son intégration dans le marché intérieur afin d’adresser l’intermittence de certaines énergies renouvelables. En raison de leurs obligations légales, les fournisseurs de réseau électrique et de gaz attachent une grande importance au bon état de leur infrastructure, voulant celle-ci à la pointe de la technologie. La capacité disponible des réseaux doit répondre aux exigences croissantes du développement économique et démographique du pays. L’installation généralisée de compteurs intelligents pour tous les consommateurs permettra aux fournisseurs de réseau de gérer leurs réseaux de manière encore plus intelligente et sécurisée.

Dans l’intérêt de la sécurité de l’approvisionnement dans le secteur du pétrole, il sera important à l’avenir de pouvoir continuer à diversifier les pays d’origine ainsi que les chemins d’approvisionnement. Étant donné que l’approvisionnement en carburant de l’aéroport de Luxembourg est directement assuré par un réseau d’oléoducs souterrain (CEPS), la diversification des voies d’approvisionnement concerne principalement les produits pétroliers tels que le diesel, l’essence et le mazout de chauffage. En effet, la majeure partie des importations se fait par la route, alors qu’environ un cinquième seulement se fait par transport ferroviaire. La part restante des importations se fait par transport fluvial intérieur sur la Moselle vers le seul port du Luxembourg à Mertert. En tant que membre de l’Union européenne et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Luxembourg est tenu de disposer d’une réserve de pétrole correspondant à une moyenne de 90 jours d’importations de l’année précédente. Les importateurs de produits pétroliers sont d’ailleurs soumis à l’obligation légale nationale de stockage de huit jours sur le territoire national, de 37 jours sur le territoire régional en dehors du Luxembourg et des quantités restantes dans le reste de l’UE. Pour l’hydrogène, l’objectif sera dans un premier temps de déterminer le niveau de sécurité à envisager pour l’approvisionnement en hydrogène, afin de pouvoir définir ensuite les mesures nécessaires pour sécuriser l’approvisionnement en hydrogène au niveau requis. De plus, l’hydrogène pourrait renforcer encore la sécurité d’approvisionnement en électricité du Luxembourg en ouvrant une voie supplémentaire pour augmenter la flexibilité dans le réseau électrique au niveau national et en offrant des possibilités de stockage saisonnier au niveau européen.

Concernant les différents plans gouvernementaux pour répondre aux diverses crises dans les secteurs de l’énergie, plusieurs plans ont été révisés en tenant compte du nouveau contexte géopolitique. Cela englobe notamment le plan de préparation aux risques dans le secteur de l'électricité, ainsi que le plan d'action préventive et le plan d'urgence dans le secteur du gaz. La stratégie du gouvernement consistera à évaluer régulièrement ces plans en tenant compte des évolutions géopolitiques futures. Le Gouvernement se prépare également aux effets du changement climatique et à son impact futur sur les infrastructures énergétiques. La mise à jour de la stratégie et du plan d’action pour l’adaptation aux effets du changement climatique au Luxembourg, actuellement en cours d’élaboration, prend en compte les nouvelles connaissances scientifiques, le nouveau contexte légal ainsi que l’expérience acquise lors du dernier cycle et améliorera ainsi la stratégie existante qui a été adopté par le Gouvernement le 12 octobre 2018.En ligne avec les statistiques des années et décades précédentes, l’objectif principal du Luxembourg et d’assurer un niveau de sécurité d’approvisionnement énergétique très élevé pour tout type d’énergie, et de rester parmi les pays avec le niveau le plus élevé en Europe. En même temps, l’objectif est aussi de suivre une approche efficace, c.à.d. de garder un bon équilibre entre le niveau de sécurité attendu par rapport aux ressources investies par l’état et les consommateurs. De plus, la sécurité d’approvisionnement devra être assurée moyennant des investissements durable, besoin qui est clairement renforcé par le nouveau contexte géopolitique et la crise énergétique suite à la guerre en Ukraine. Ainsi, la stratégie devra se baser dans la mesure du possible sur l’efficacité énergétique ainsi que les ressources locales et renouvelables. L’expansion des énergies renouvelables nécessaires à la réalisation des objectifs permettra au Luxembourg de réduire considérablement sa dépendance vis-à-vis des importations d’électricité. Toutefois, en raison de l’énorme demande en électricité du secteur industriel, les sources d’énergie nationales ne suffiront pas à couvrir l’approvisionnement énergétique du Luxembourg à l’avenir. Dans le domaine de la flexibilité de la charge, le Luxembourg vise à augmenter considérablement la part des consommateurs participant activement au marché de l’électricité. La stratégie pour réduire la consommation de gaz et, par conséquent, diminuer la dépendance énergétique, nécessite une approche diversifiée. Tout d'abord, suite à la campagne nationale d'économie d'énergie "Zesumme spueren - Zesummenhaale", lancée pendant la crise énergétique afin d'inciter le grand public à réduire sa consommation d'énergie, une nouvelle campagne intitulée "Ton énergie fait la différence" a été initiée. Cette campagne s'inscrit dans la continuité de la précédente, mais adopte une approche plus globale en abordant la transition énergétique et la manière dont chacun peut y contribuer. Dans le secteur industriel, les mesures principales pour réduire la consommation de gaz incluent l'électrification des processus et l'amélioration de l'efficacité énergétique. Quant au secteur immobilier, l'application de normes strictes d'isolation thermique pour les bâtiments, ainsi que la mise en œuvre d'une stratégie de rénovation, permettront un abandon progressif du gaz naturel. De plus, dans le secteur de l'électricité, une transition progressive de la production d'électricité à base de gaz sera réalisée grâce à une augmentation significative de la production d'électricité à partir de sources renouvelables.

Néanmoins, étant donné que le Luxembourg dépend des importations d’énergie, le marché intérieur européen de l’électricité et du gaz se doit d’être pleinement opérationnel. Le pays souhaite donc accélérer l’achèvement du marché intérieur de l’électricité et du gaz avec une concurrence transfrontalière intensive entre les fournisseurs ainsi qu’avec un élargissement et une diversification d’offres au niveau des énergies renouvelables, par exemple par le biais de renewable PPAs. Entre autres, l’investissement dans l’énergie éolienne off-shore offre une voie intéressante pour soutenir la sécurité de l’approvisionnement énergétique grâce à la disponibilité élevée des ressources éoliennes. Par conséquent, le Luxembourg est également favorable à un renforcement de la coopération régionale dans le domaine de la sécurité d’approvisionnement en énergie, et vise à accélérer le développement de la flexibilité de la demande et son intégration dans le marché intérieur afin d’adresser l’intermittence de certaines énergies renouvelables. En raison de leurs obligations légales, les fournisseurs de réseau électrique et de gaz attachent une grande importance au bon état de leur infrastructure, voulant celle-ci à la pointe de la technologie. La capacité disponible des réseaux doit répondre aux exigences croissantes du développement économique et démographique du pays. L’installation généralisée de compteurs intelligents pour tous les consommateurs permettra aux fournisseurs de réseau de gérer leurs réseaux de manière encore plus intelligente et sécurisée.

Dans l’intérêt de la sécurité de l’approvisionnement dans le secteur du pétrole, il sera important à l’avenir de pouvoir continuer à diversifier les pays d’origine ainsi que les chemins d’approvisionnement. Étant donné que l’approvisionnement en carburant de l’aéroport de Luxembourg est directement assuré par un réseau d’oléoducs souterrain (CEPS), la diversification des voies d’approvisionnement concerne principalement les produits pétroliers tels que le diesel, l’essence et le mazout de chauffage. En effet, la majeure partie des importations se fait par la route, alors qu’environ un cinquième seulement se fait par transport ferroviaire. La part restante des importations se fait par transport fluvial intérieur sur la Moselle vers le seul port du Luxembourg à Mertert. En tant que membre de l’Union européenne et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Luxembourg est tenu de disposer d’une réserve de pétrole correspondant à une moyenne de 90 jours d’importations de l’année précédente. Les importateurs de produits pétroliers sont d’ailleurs soumis à l’obligation légale nationale de stockage de huit jours sur le territoire national, de 37 jours sur le territoire régional en dehors du Luxembourg et des quantités restantes dans le reste de l’UE. Pour l’hydrogène, l’objectif sera dans un premier temps de déterminer le niveau de sécurité à envisager pour l’approvisionnement en hydrogène, afin de pouvoir définir ensuite les mesures nécessaires pour sécuriser l’approvisionnement en hydrogène au niveau requis. De plus, l’hydrogène pourrait renforcer encore la sécurité d’approvisionnement en électricité du Luxembourg en ouvrant une voie supplémentaire pour augmenter la flexibilité dans le réseau électrique au niveau national et en offrant des possibilités de stockage saisonnier au niveau européen.

Concernant les différents plans gouvernementaux pour répondre aux diverses crises dans les secteurs de l’énergie, plusieurs plans ont été révisés en tenant compte du nouveau contexte géopolitique. Cela englobe notamment le plan de préparation aux risques dans le secteur de l'électricité, ainsi que le plan d'action préventive et le plan d'urgence dans le secteur du gaz. La stratégie du gouvernement consistera à évaluer régulièrement ces plans en tenant compte des évolutions géopolitiques futures. Le Gouvernement se prépare également aux effets du changement climatique et à son impact futur sur les infrastructures énergétiques. La mise à jour de la stratégie et du plan d’action pour l’adaptation aux effets du changement climatique au Luxembourg, actuellement en cours d’élaboration, prend en compte les nouvelles connaissances scientifiques, le nouveau contexte légal ainsi que l’expérience acquise lors du dernier cycle et améliorera ainsi la stratégie existante qui a été adopté par le Gouvernement le 12 octobre 2018.


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