Pourquoi le triptyque photovoltaïque-éolienne-batterie est du moins utile sinon indispensable : analyse sociétaire élargie.
Ce document
constitue évidemment un plaidoyer plus général, et pro domo, en faveur
de mon éolienne domestique, dont l’installation a été refusée par la commune.
Dans l’article de
blog intitulé « Lettre à des ministères : cascade énergétique et éoliennes
domestiques », j’ai expliqué pourquoi je considère la constellation
photovoltaïque – batterie domestique – éolienne domestique comme un triptyque
utile, sinon même indispensable de nos jours.
L’argumentaire
ci-après se développera autour de l’autarcie et de la plus grande indépendance
possible, au regard de la sécurité énergétique des ménages et autres
particuliers. Mais le plaidoyer sera également d’ordre économique, dans la
mesure où le consommateur deviendrait moins tributaire des contraintes du
marché énergétique, largement dépendant des politiques des sociétés
productrices et distributrices d’énergie, ainsi que des orientations politiques
changeant au gré des majorités gouvernementales. L’éolienne pourrait fournir
également un apport important en mauvaise période d’ensoleillement pour tous
les foyers s’étant équipés d’une pompe à chaleur (PAC).
Ce qui était vrai
hier ne l’est plus nécessairement aujourd’hui.
Ce triptyque
énergétique trouve sa justification première dans les variations saisonnières,
qui conditionnent des rendements très variables de la production
photovoltaïque, laquelle est particulièrement faible de novembre à février.
Les fonctions de
ces trois éléments sont complémentaires. Le photovoltaïque assure la production
diurne et est soumis à un cycle journalier. La batterie remplit une fonction de
stockage et de régulation en gérant les décalages temporels entre production et
consommation. L’éolienne domestique peut, quant à elle, garantir une production
complémentaire pendant la nuit, en hiver et en cas de conditions
météorologiques instables.
Un tel triptyque
crée ainsi une complémentarité systémique. On peut le résumer comme suit : source
principale + source auxiliaire + tampon.
Par ailleurs, un
triptyque ménager de ce type sollicite moins le réseau et contribue —
modestement — à limiter certaines perturbations ou dysfonctionnements.
On peut toutefois
se demander : à quoi bon des éoliennes domestiques ? Une première raison tient
au fait qu’une éolienne domestique ne nécessite pas d’infrastructures lourdes
(câblage supplémentaire à grande échelle, fondations massives en béton, scellement
important des sols en pleine nature, etc.).
Si l’on considère
que les éoliennes terrestres actuelles développent en moyenne une puissance
d’environ 4 MW (4 000 kW), 800 éoliennes domestiques de 5 000 W pourraient, en
théorie, atteindre une puissance installée équivalente. Si les éoliennes
avaient une puissance de 10 000 W, leur nombre serait réduit de moitié, donc à
400 éoliennes pour le même résultat. La comparaison a évidemment ses limites,
mais l’objectif de cet argumentaire n’est pas de remplacer les grandes
éoliennes terrestres par des éoliennes domestiques, plutôt de souligner leur
rôle complémentaire dans une logique de décentralisation énergétique.
On a également vu, dans l’article précédemment cité, que les batteries de voisinage et de quartier trouvent leur place dans un tel contexte, avec un élargissement progressif des fonctions :
- Batterie de voisinage → mutualisation
- Batterie de quartier → élargissement de la mutualisation
- Électrolyseur → stockage saisonnier
- Pile à combustible → secours longue durée
Ainsi, le
triptyque PV–batterie–éolienne constitue le premier niveau d’un polyptyque
énergétique (composé de plus de trois éléments). Le polyptyque énergétique
forme un système structuré, caractérisé par des hiérarchies, des modularités,
des interactions et une dynamique constante.
S’il existe
indéniablement un avantage économique à consommer au maximum sa propre
électricité et à être moins exposé aux prix du marché, l’enjeu principal réside
surtout dans la préservation de la plus grande autarcie électrique possible,
grâce à un îlot énergétique sécuritaire. En effet, l’approvisionnement en
électricité n’est plus garanti à tout moment à 100 %.
Si
l’interconnexion des réseaux nationaux européens présente des avantages
indiscutables, leur mise en constellation comporte également certains risques :
un réseau interconnecté favorise en effet la propagation et la généralisation
de dysfonctionnements.
Cette
vulnérabilité est d’autant plus significative que le Luxembourg dépend, pour
une large part, de fournisseurs étrangers — dépendance liée à leur
disponibilité, à leurs choix stratégiques, mais aussi aux aléas de production
qu’ils peuvent subir.
Dans cette
perspective, la mise en place d’îlots énergétiques sécuritaires à différents
niveaux, pouvant être temporairement découplés des réseaux nationaux et
européens, apparaît presque comme une nécessité.
Je me permets d’attirer l’attention, dans ce contexte, sur deux documents stratégiques remarquables publiés par le gouvernement :
- Späicherstrategie Lëtzebuerg : https://meco.gouvernement.lu/dam-assets/publications/strategie/20250709-meco-spicherstrategie-ltzebuerg.pdf
- Stratégie hydrogène du Luxembourg : https://gouvernement.lu/dam-assets/documents/actualites/2021/09-septembre/27-turmes-hydrogene/Strategie-hydrogene-LU-fr.pdf
Ce triptyque,
d’abord pensé à l’échelle ménagère, connaît par ailleurs un succès croissant
dans notre société — à condition, bien sûr, de pouvoir en être le décideur
(propriétaire), que l’immeuble permette une telle installation (ce qui est
généralement plus simple pour une maison individuelle que pour un appartement)
et de disposer des moyens financiers nécessaires.
Cette option n’a
guère de sens pour un locataire vivant avec un salaire minimum, qui reste
dépendant des conditions locatives fixées par son propriétaire ainsi que de la
volatilité des prix de l’électricité. Il est cependant probable que tout
locataire accueillerait favorablement une plus grande sécurité énergétique.
En pratique, peu
de propriétaires semblent enclins à installer une telle constellation triptyque
au bénéfice direct de leurs locataires, sauf à y trouver un avantage fiscal ou
patrimonial, en n’excluant pas des opérations de blanchiment d’argent 😊.
Il me semble que notre monde commence à ressentir,
de manière particulièrement préoccupante, les conséquences du changement
climatique. Certains estiment même que nous avons dépassé un point de
non-retour.
L’augmentation de la température moyenne mondiale
intensifie l’évaporation des océans et accroît la teneur en vapeur d’eau dans
l’atmosphère. Cette humidité supplémentaire favorise des épisodes de
précipitations plus intenses, augmentant ainsi le risque d’inondations dans de
nombreuses régions.
La question n’est donc pas seulement de savoir
dans quelle mesure il est encore possible de limiter ou d’atténuer cette
progression, mais surtout comment se prémunir contre ses effets et quelles
mesures adopter pour en réduire les impacts autant que possible.
Un exemple parmi d’autres : comment anticiper une
élévation du niveau des mers et quelles décisions commencer à prendre dès à
présent ?
Le Luxembourg est certes moins exposé à certains
effets du changement climatique, notamment à l’augmentation des événements
météorologiques extrêmes, mais il n’en est pas exempt. Pour ne citer que
quelques exemples :
- 2024 : orages violents accompagnés de vents forts et
de précipitations extrêmes (29 juin), avec un impact important.
2019 (fin de période) : tornade significative associée à un super-orage (phénomène très rare au Grand-Duché).
Entre 2021 et 2023 : multiples épisodes orageux intenses, avec grêle, fortes rafales et inondations, liés à des situations convectives sévères. - 2019 (fin de période) : tornade significative associée à un super-orage (phénomène très rare au Grand-Duché).
- Entre 2021 et 2023 : multiples épisodes orageux intenses, avec grêle, fortes rafales et inondations, liés à des situations convectives sévères.
Il pourrait également être concerné indirectement
par des dynamiques migratoires liées aux déséquilibres climatiques affectant
d’autres régions du monde. Les phénomènes tels que la désertification, les
sécheresses prolongées, la montée du niveau des mers ou la multiplication des
catastrophes naturelles fragilisent certaines zones déjà vulnérables sur le
plan économique et politique. Lorsque les conditions de vie deviennent
durablement précaires — perte de terres agricoles, pénurie d’eau, insécurité
alimentaire — les populations peuvent être contraintes de se déplacer, d’abord
à l’intérieur de leur pays, puis au-delà des frontières régionales.
En tant que pays stable, économiquement attractif
et situé au cœur de l’Europe, le Luxembourg pourrait être indirectement
concerné par ces mouvements, qu’il s’agisse d’évolutions démographiques, de
pressions sur le logement et les infrastructures ou d’adaptations nécessaires
des politiques sociales et d’intégration. Le changement climatique agit ainsi
non seulement comme un facteur environnemental, mais aussi comme un
multiplicateur de risques géopolitiques et sociaux.
Que fait le Luxembourg pour se prémunir contre les
catastrophes naturelles, et notamment contre les inondations ?
Il est vrai que la gestion des inondations au
Luxembourg repose sur plusieurs axes :
- Cadre réglementaire et planification stratégique (directive inondation).
- Cartographie des risques pour guider l’aménagement.
- Systèmes de prévision et d’alerte rapide.
- Renaturation et solutions fondées sur la nature pour absorber les crues.
- Urbanisme et servitudes hydrauliques pour limiter l’exposition.
- Gestion de crise coordonnée en cas d’événement extrême.
- Participation citoyenne et sensibilisation.
- Ouvrages physiques de régulation et stockage temporaire.
Mais où en est la réalisation des ouvrages
physiques de régulation et de stockage temporaire?
Une analyse de risque a-t-elle été menée quant à
l’impact potentiel des inondations sur le réseau électrique luxembourgeois ?
Il est vrai que des îlots énergétiques
sécuritaires apparaissent d’autant plus nécessaires dans les régions
particulièrement exposées aux risques d’inondation.
Par ailleurs, des discussions sont actuellement en
cours concernant l’agrandissement de notre aéroport national afin d’accueillir
davantage de passagers et d’augmenter le nombre de décollages et
d’atterrissages. Il est également question, selon certaines annonces, de
construire éventuellement un second aéroport destiné aux jets privés.
À l’échelle mondiale, l’aviation représenterait
environ 2 à 2,5 % des émissions anthropiques de CO₂. Lorsque l’on prend en
compte les effets non liés au CO₂ en haute altitude (traînées de condensation,
formation de cirrus, émissions d’oxydes d’azote), la contribution totale au
réchauffement climatique pourrait approcher 5 %.
Au niveau du territoire luxembourgeois, d’autres
nuisances s’ajoutent. Les moteurs d’avion émettent des particules de suie et
des aérosols sulfatés. Il en résulte une pollution locale comprenant des
émissions de NOₓ au sol (favorisant la formation de smog) ainsi que des
particules fines aux abords de l’aéroport, sans oublier les nuisances sonores,
dont l’impact sanitaire indirect est bien documenté. Signalons encore à titre
de curiosité que l’énergie grise d’un Boeing 747-400 s’élève à quelques 11GWh
et cet avion consomme environ 10–12 tonnes de kérosène par heure en vol
long-courrier. Cargolux a utilisé en 2023 (il n’y a pas de chiffres pour 2024
et 2025) environ 1 333 504 tonnes de carburant d’aviation. Luxair ne publie pas
ce genre de chiffres.
En cherchant à satisfaire la demande croissante
des passagers potentiels, qui considèrent la mobilité touristique mondiale
comme allant de soi, le Luxembourg contribue à l’augmentation des émissions et,
partant, au réchauffement de l’atmosphère, dans une logique essentiellement
économique.
Ne serait-il pas plus raisonnable d’envisager un
plafonnement du nombre de passagers à l’aéroport de Luxembourg et d’affecter
les ressources ainsi économisées à la lutte contre le réchauffement climatique,
ainsi qu’aux mesures d’adaptation destinées à faire face aux conséquences du
changement climatique ?
Examinons, en résumé, les arguments plaidant en
faveur d’un îlot énergétique sécuritaire ménager et décentralisé, sous la forme
du triptyque prémentionné.
- Il existe, en premier lieu, un argument de
résilience face aux aléas climatiques. Les événements extrêmes (inondations,
tempêtes, vagues de chaleur) peuvent provoquer des coupures locales. Un îlot
énergétique — capable de fonctionner en mode « island » — permet d’assurer une
alimentation minimale (réfrigérateur, chauffage, pompes, moyens de
communication) et une autonomie temporaire. Cette autonomie dépend évidemment
des capacités de stockage lorsque le photovoltaïque et l’éolienne ne produisent
pas d’électricité.
- Il existe ensuite un argument de sécurité systémique dans le contexte d’un effet domino. Les réseaux modernes sont fortement interconnectés et, de ce fait, vulnérables aux effets en cascade. Un système décentralisé réduit la dépendance instantanée au réseau et diminue la vulnérabilité face à un blackout régional.
- Il existe, dans une certaine mesure, un argument économique. Un triptyque bien dimensionné peut accroître l’autoconsommation, réduire l’exposition aux hausses de prix et valoriser le bien immobilier. Sa rentabilité dépend toutefois fortement des subventions et des tarifs en vigueur.
- Il existe évidemment un argument climatique, dans la mesure où une production locale réduit les pertes sur le réseau et la dépendance aux centrales fossiles lors des périodes de pointe.
- Sur le plan psychologique, l’îlot énergétique constitue une forme de souveraineté domestique, de responsabilité concrète et d’autonomie prudente (sans viser une autarcie totale). Il peut générer un certain sentiment de sécurité dans un monde où les problématiques écologiques sont souvent source d’angoisse.
- L’îlot énergétique peut également constituer un argument communautaire, dans la mesure où un triptyque ménager peut devenir la cellule de base d’un réseau de voisinage, contribuer à une batterie collective et s’inscrire comme un élément d’une résilience territoriale. Une coordination technique et juridique est toutefois indispensable.
- Un triptyque bien dimensionné fournit également un argument de continuité
fonctionnelle en cas de panne du réseau, de cyberattaque, de tensions
géopolitiques ou de surcharge saisonnière — hivernale (chauffage) ou estivale
(climatisation). Il ne protège toutefois pas contre une pénurie prolongée sans
stockage saisonnier, à moins que les batteries de voisinage et de quartier ne
soient elles-mêmes complétées par un triptyque supplémentaire 😊 : électrolyse – stockage d’hydrogène – pile à
combustible.
Il semble
nécessaire d’analyser, sur le plan sociétal, dans quelle mesure le petit îlot
énergétique sécuritaire, fondé sur son triptyque de base, peut apporter une
contribution, même modeste, à cette discussion générale.
On peut d’abord
se demander pourquoi notre société en est arrivée à ce « point de non-retour »,
caractérisé par une consommation élevée d’électricité (et d’autres formes
d’énergie, le pétrole battant actuellement tous les records, même en chiffres
absolus) et, sur le plan climatique, par une production massive de CO₂.
Il est peu
probable que la situation puisse s’inverser rapidement, car les effets
climatiques sont cumulatifs : même des mesures immédiates ne permettraient pas
d’en effacer les impacts à court terme, et certaines conséquences continueront
à se manifester pendant de longues années. Même si l’on arrêtait du jour au
lendemain toute consommation énergétique — hypothèse irréaliste — une partie
des dynamiques déjà enclenchées poursuivrait ses effets.
Il semble donc
impossible de revenir aux « années écologiques peut-être plus glorieuses ». On
peut, au mieux, espérer ralentir la progression des dommages. Toutefois,
l’esprit sociétal ne paraît guère disposé à renoncer à un mode de vie fondé sur
le confort et la consommation. Les efforts actuels visent principalement à maintenir
un niveau de vie similaire grâce à la décarbonation, tout en conservant
l’essentiel de nos habitudes. Notre mode de vie, du moins dans les pays
développés, n’est nullement remis en question, malgré tous les avertissements.
La raison en est
relativement simple : la consommation d’énergie par personne a changé de nature
en raison de nouveaux modes de vie, et son volume a fortement augmenté à mesure
que se sont imposées de nouvelles habitudes considérées comme normales et légitimes.
Nous sommes ainsi entrés dans une société de consommation particulièrement
énergivore, mobilisant des formes d’énergie multiples et à grande échelle.
Il convient de
rappeler que le Luxembourg figure parmi les pays présentant l’empreinte
écologique par habitant la plus élevée au monde, souvent cité en deuxième
position après le Qatar. Cette empreinte s’exprime en gha (hectares
globaux par personne). Selon certaines estimations, si l’ensemble de la
population mondiale adoptait le mode de vie luxembourgeois, il faudrait plus de
huit planètes Terre pour satisfaire la demande en ressources naturelles
renouvelables. Cela signifie que la consommation de ressources dépasse
largement la biocapacité disponible à l’échelle planétaire, traduisant un
dépassement marqué de l’équilibre écologique.
Il convient
toutefois de nuancer ces chiffres. Les calculs classiques utilisent la
population résidente comme dénominateur. Or, au Luxembourg, cette méthode
soulève une difficulté spécifique : de nombreux travailleurs frontaliers
consomment sur place (infrastructures, services, carburant, etc.) sans être
comptabilisés comme résidents, ce qui tend, selon certaines analyses, à
surévaluer l’empreinte par habitant.
Il faut également
prendre en compte l’impact du « tanktourisme », c’est-à-dire la vente de
carburant à des non-résidents — frontaliers, transit routier européen et
automobilistes des pays voisins — générant des recettes fiscales importantes
pour l’État (à l’instar, d’ailleurs, de la vente de tabac). Même si ce
carburant n’est pas brûlé sur le territoire luxembourgeois, il aurait, en
grande partie, été consommé ailleurs. La question demeure cependant celle de la
responsabilité indirecte liée à l’incitation fiscale et à l’effet d’attraction
créé par ces politiques.
Nous n’allons pas
porter le focus sur la consommation énergétique totale de la société, mais sur
celle de l’individu, et plus particulièrement sur celle du ménage disposant
d’un logement au Luxembourg. Il s’agit, en définitive, d’assurer la viabilité
énergétique permanente du logement d’un ménage.
Ces dernières
années, on a constaté que la fourniture d’énergie, sous toutes ses formes — et
notamment par le vecteur « électricité » (qui constitue une énergie transformée
à partir de sources primaires) — va de moins en moins de soi.
Les blackouts de
courte ou moyenne durée, parfois localisés, parfois plus étendus, risquent de
devenir plus fréquents. Les causes peuvent être multiples. Les grands blackouts
trouvent souvent leur origine dans une déstabilisation du réseau électrique qui
se propage en cascade et peut conduire, en cas de déséquilibre majeur, à son
effondrement partiel ou total.
Les raisons
peuvent être un excédent d’électricité — notamment lié aux pointes de
production des énergies intermittentes — ou, à l’inverse, un déficit soudain.
On a ainsi observé en Espagne et au Portugal, l’année passée, des situations de
surcharge liées à une production photovoltaïque très élevée. À l’inverse, des
installations renouvelables, en particulier des éoliennes, peuvent devoir être
mises hors service en cas de conditions météorologiques extrêmes. L’Espagne a
par exemple connu, le 28 janvier 2026, une situation critique lors du passage
de la tempête Kristin, lorsque des éoliennes ont dû être arrêtées.Le
manque de production a failli entraîner un effondrement du réseau, évité de
justesse, bien qu’une coupure de plusieurs heures ait eu lieu (voir l’article
consacré à ce sujet sur ce blog).
D’autres facteurs
peuvent également intervenir : actes de sabotage ou attentats (comme à Berlin),
conflits armés (Ukraine, Gaza), ou tensions géopolitiques ayant conduit au
ralentissement ou à l’arrêt de la fourniture d’énergies primaires. Les
catastrophes naturelles — incendies, inondations — sont devenues des causes
relativement fréquentes de coupures plus ou moins longues et étendues, rendant
la situation des personnes concernées précaire, voire critique.
Quant aux
conséquences, il suffit d’évoquer le secteur de la santé (opérations en cours,
patients dépendant d’appareils vitaux), la logistique alimentaire (transport et
chaîne du froid) ou encore les perturbations économiques générales. À titre
d’exemple, au début du Brexit, les rayons de certains supermarchés britanniques
se sont retrouvés temporairement vides en raison de la fermeture des frontières
et du manque de chauffeurs routiers.
L’analyse
approfondie de ce contexte mériterait un article à part entière ; nous y
reviendrons.
Le citoyen lambda
est largement tributaire de ces dysfonctionnements, sur lesquels il n’a
pratiquement aucune influence et qu’il ne peut que subir. S’il habite en ville,
ses possibilités matérielles de se constituer un îlot énergétique sécuritaire
sont limitées, notamment lorsqu’il vit en appartement.
Les habitants
d’une maison individuelle disposent aujourd’hui de davantage de moyens pour
aménager une certaine sécurité énergétique. Cette évolution a commencé avec le
développement du photovoltaïque qui, même sans batterie, permet de fournir de
l’électricité tant qu’il y a de la lumière naturelle — y compris diffuse —
grâce aux technologies actuelles des panneaux solaires.
Cependant,
lorsque l’installation photovoltaïque ne produit pas (par exemple la nuit ou en
cas de très faible ensoleillement), le consommateur reste dépendant du réseau.
Inversement, il est fréquent que l’installation produise en journée, par
moments, un surplus d’électricité qui ne correspond pas aux besoins instantanés
du logement. Cette énergie excédentaire est alors injectée dans le réseau et
n’est pas directement disponible pour l’usage domestique.
À la tombée de la
nuit, la production photovoltaïque cesse et le ménage doit à nouveau recourir
au réseau. C’est dans ce contexte que l’usage des batteries domestiques se
développe progressivement : elles permettent d’adapter et d’équilibrer
production et consommation, d’augmenter le taux d’autoconsommation, de
renforcer une certaine autonomie et de réduire la dépendance immédiate au
réseau.
Mais cela n’est
possible qu’avec des batteries d’une capacité suffisante. En effet, la
consommation d’électricité a fortement augmenté au cours des dernières
décennies, et ce niveau élevé est désormais perçu comme un confort acquis
auquel il est difficile de renoncer.
Pour comprendre
cette hausse continue, il convient d’analyser l’évolution des habitudes de
consommation liées à l’électricité, évolution elle-même étroitement associée au
progrès technologique et à la multiplication des appareils au sein du ménage.
Se pose alors une
question fondamentale : quelles sont les fonctions minimales que la quantité
d’électricité éventuellement disponible devrait assurer pendant plusieurs jours
en cas de nécessité de réduire drastiquement la consommation ?
S’agit-il en
priorité :
- d’assurer le fonctionnement des réfrigérateurs et congélateurs afin de préserver les denrées alimentaires pendant un certain temps ?
- de garantir, en hiver, un chauffage minimal — ce qui peut s’avérer difficile avec des pompes à chaleur dépendantes de l’électricité ?
- de maintenir l’accès à l’eau potable (si celle-ci dépend de pompes électriques) ?
- de disposer d’un minimum d’eau chaude — déjà perçue comme un confort, voire un luxe en situation de crise ?
- d’assurer un éclairage élémentaire à la tombée de la nuit pour se mouvoir dans le logement et accomplir les activités essentielles ?
- Ou encore d’autres fonctions jugées prioritaires selon les circonstances ?
Voici un résumé
de l’évolution des modes de consommation, afin de montrer à quel point nous en
sommes arrivés aujourd’hui. Il met également en lumière que tout ce que nous
considérons actuellement comme nécessaire ne l’est peut-être pas autant qu’on
le pense.
Il est certain
qu’un îlot énergétique sécuritaire — capable de fonctionner pendant plusieurs
jours moyennant des économies d’énergie drastiques — peut rendre la vie
quotidienne plus supportable, voire simplement viable en situation de crise.
- Dans les années 1950, l’électricité était principalement utilisée pour l’électroménager de base, comme le réfrigérateur et la machine à laver (le sèche-linge n’étant pas encore répandu à cette époque), le fer à repasser, l’aspirateur, le téléphone fixe, l’éclairage du logement, ainsi que pour de petits appareils tels que le sèche-cheveux, le rasoir électrique ou encore la radio. La télévision — d’abord en noir et blanc — s’est ensuite progressivement généralisée.
- Dans les années 1960–1970, de nouveaux appareils ont fait leur apparition, tels que le lave-vaisselle, la télévision (qui s’est largement diffusée), la chaîne hi-fi, le sèche-linge et le congélateur.
- Dans les années 1980–1990, sont apparus l’ordinateur personnel, le four à micro-ondes, le magnétoscope, le modem et l’accès à Internet, les consoles de jeu ainsi que les photocopieurs domestiques.
- Dans les années 2000–2010, on a assisté à une généralisation des ordinateurs portables, à l’apparition des routeurs Wi-Fi, des smartphones, des écrans plats, des imprimantes et des scanners. Cette période a également été marquée par la multiplication des appareils en veille (standby).
- Dans les années 2010–2025, de nouveaux appareils et installations se sont généralisés, tels que les pompes à chaleur, les bornes de recharge pour véhicules électriques, les batteries domestiques, les systèmes de domotique, les assistants vocaux et les objets connectés.
Cette énumération
n’a pas la prétention d’être exhaustive. On peut résumer les grandes phases
comme suit :
|
Période |
Fonction dominante |
Type d’énergie électrique |
|
1950–60 |
Soulagement physique |
Moteurs électriques |
|
1970–80 |
Confort & loisirs |
Électroménager + audio |
|
1980–2000 |
Information |
Électronique numérique |
|
2000–2015 |
Connectivité |
Réseaux & écrans |
|
2015–2025 |
Transition énergétique |
Chauffage + mobilité |
On peut encore le
formuler autrement : Le logement est passé :
- d’un lieu de survie
- à un lieu de confort
- puis à un lieu de communication
- puis à un centre énergétique autonome
Le logement
s’est progressivement transformé d’un espace mécaniquement électrifié (moteurs
domestiques) en un écosystème numérique et énergétique complexe. L’électricité
n’est plus seulement un outil, mais elle est devenue l’infrastructure invisible
de la vie moderne.
Un scénario
possible illustre, dans un tableau estimatif, la consommation annuelle moyenne
d’électricité par ménage (en kWh/an) par décennie :
|
Décennie |
Électricité spécifique |
Chauffage/ECS électrique |
Mobilité électrique |
Total estimatif |
|
1950 |
400 – 800 |
0 – 200 |
0 |
500 – 1 000 |
|
1960 |
800 – 1 200 |
0 – 500 |
0 |
1 000 – 1 500 |
|
1970 |
1 200 – 1 800 |
200 – 800 |
0 |
1 500 – 2 500 |
|
1980 |
1 800 – 2 500 |
300 – 1 200 |
0 |
2 000 – 3 500 |
|
1990 |
2 500 – 3 500 |
500 – 1 500 |
0 |
3 000 – 5 000 |
|
2000 |
3 000 – 4 000 |
800 – 2 000 |
0 |
4 000 – 6 000 |
|
2010 |
3 500 – 4 500 |
1 000 – 3 000 |
0 – 500 |
5 000 – 7 000 |
|
2020 |
3 000 – 4 500 |
2 000 – 5 000 (PAC) |
1 500 – 3 000 |
7 000 – 12000 |
On observe, en
ordre de grandeur, une multiplication par 10 à 12 de la consommation en 75 ans.
Depuis 2015, une rupture structurelle s’est opérée sous l’effet de trois
moteurs principaux : la pompe à chaleur, la voiture électrique et les batteries
domestiques avec leurs onduleurs.
Un paradoxe
énergétique est également apparu depuis les années 2000 : les appareils sont
devenus 30 à 60 % plus efficaces, mais leur nombre a fortement augmenté. Par
ailleurs, le chauffage et la mobilité connaissent une électrification
croissante.
Au Luxembourg, en
raison de la superficie limitée du territoire, l’habitat tendra probablement à
évoluer davantage vers des appartements, ce qui entraîne une configuration
énergétique différente.
En effet, les
maisons individuelles disposent généralement d’une surface plus importante et
de quatre façades exposées, ce qui augmente les pertes thermiques. À l’inverse,
les appartements présentent souvent une surface plus réduite, davantage de murs
mitoyens et, par conséquent, des pertes thermiques moindres.
En outre,
certaines infrastructures peuvent être mutualisées dans un immeuble collectif,
créant ainsi des synergies sur plusieurs aspects, notamment pour le chauffage.
La maison
individuelle offre toutefois davantage de possibilités et de liberté pour
constituer un îlot électrique sécuritaire, comprenant au minimum une
installation photovoltaïque avec batteries, éventuellement complétée par des
éoliennes domestiques. Cela peut également faciliter l’alimentation de pompes à
chaleur (PAC) et de bornes de recharge à un coût d’électricité potentiellement
réduit.
En revanche, la
décision d’installer une installation photovoltaïque ou une pompe à chaleur
dans un immeuble en copropriété, avec des propriétaires aux intérêts
différents, s’avère généralement plus complexe.
Vivre sans électricité n’est guère enviable,
surtout lorsqu’on a pu en disposer librement auparavant. Il suffit d’observer
la situation actuelle en Ukraine ou à Gaza, où les infrastructures énergétiques
ont été gravement endommagées — une réalité largement documentée par les
médias.
Il existe également des situations moins visibles
: les nombreux camps de réfugiés à travers le monde, ainsi que les régions où
l’électricité n’a jamais été installée. Dans ces contextes, la production de
chaleur à partir d’énergies fossiles rudimentaires ou du bois engendre souvent
des conditions atmosphériques insalubres, avec des conséquences sanitaires
importantes.
Pour se faire une idée de l’impact d’un monde sans
électricité, il suffit de se tourner vers le début de l’industrialisation, et
plus particulièrement vers l’Angleterre, afin d’imaginer une société sans
électricité mais confrontée à des besoins énergétiques croissants.
L’industrialisation débute en Angleterre vers
1760–1780, dans des villes clés telles que Manchester, Birmingham, Liverpool,
Leeds et Londres. Le charbon, source d’énergie dominante, alimente les machines
à vapeur, les hauts fourneaux, les usines textiles ainsi que le chauffage
domestique.
La pollution atmosphérique comprend alors des
fumées épaisses de charbon, du dioxyde de soufre (SO₂), des particules fines,
des suies et les célèbres brouillards acides (« pea-soup fog »). Les
concentrations de particules à Londres au XIXᵉ siècle dépassaient probablement plusieurs
centaines de µg/m³, soit cinq à dix fois plus que les pics modernes observés
dans certaines grandes villes fortement polluées.
À cela s’ajoutent la pollution industrielle locale
et la pollution des eaux. La Tamise devient pratiquement un égout à ciel
ouvert, avec des conséquences sanitaires graves : épidémies de choléra, typhus
et forte mortalité infantile.
Imaginons, à titre prospectif, un blackout de
quelques jours au Luxembourg et ses conséquences potentielles sur
l’approvisionnement en eau potable, le traitement des eaux usées et le
fonctionnement des stations d’épuration.
Actuellement, environ 800 millions de personnes ne
disposent pas d’un accès à l’électricité, soit près de 10 % de la population
mondiale. L’Afrique subsaharienne est particulièrement touchée.
Les conséquences concernent notamment la santé,
l’éducation, le développement de l’économie locale et la charge de travail
quotidienne, sans oublier la fracture numérique qui en résulte.
Pour notre petit
Luxembourg, hautement électrifié, interconnecté et numérisé, quelles seraient
les conséquences d’un blackout d’une semaine ou plus ?
Il conviendrait
de distinguer ce qui est vital, ce qui est critique à court terme et ce qui
devient indispensable à mesure que la crise se prolonge.
Un blackout d’une
semaine au Luxembourg bascule vite d’un problème électrique vers une crise
eau–logistique–carburant–coordination, où le vital (santé/eau/urgence) passe
avant tout, et où la durée fait émerger la nécessité de rationner et de
rétablir par étapes. Dans ce cadre, un îlot énergétique ménager n’est pas une
solution “macro”, mais un amortisseur très concret, surtout pour tenir 48–96 h
sans assistance — et pour alléger la pression sur les infrastructures
critiques.
Ce qui est
vital tout de suite (0–24 h) : la priorité publique est de maintenir des “fonctions vitales” via
groupes électrogènes, plans de continuité et priorités réseau (quand il reste
possible de délester plutôt que de subir un effondrement total). Le Luxembourg
a formalisé des dispositifs de crise (PIU “rupture d’énergie”, plan national de
délestage, plan de reconstitution, plans de continuité des infrastructures
critiques).
- Santé / urgence : hôpitaux, blocs opératoires, soins intensifs, centres de dialyse, maisons
de soins, services d’ambulance, chaîne du froid médicale → bascule sur
générateurs, mais avec contraintes de carburant et de maintenance.
- Communication minimale : centres d’appel d’urgence, radio, quelques réseaux critiques.
- Eau potable (premier choc) : l’eau peut continuer un temps (pression, réserves), mais la
production/traitement/pompage deviennent rapidement dépendants d’une
alimentation de secours. (Le HCPN a aussi des PIU dont “Eau potable”.)
- Sécurité publique : feux de circulation, éclairage public, systèmes d’alarme → hausse des
risques d’accidents et d’incidents.
La
tolérance à l’interruption est quasi nulle. À ce niveau, le triptyque ménager
n’est généralement pas concerné. Il conviendrait toutefois d’examiner si un
triptyque élargi ne pourrait pas constituer un complément utile à un onduleur
(UPS) traditionnel.
La
situation change cependant fondamentalement lorsqu’il s’agit d’équipements
vitaux à domicile, tels que les respirateurs ou les appareils de dialyse. À ce
niveau, un triptyque ménager prend pleinement son sens.
Ce qui
devient critique à court terme (1–3 jours) : c’est la phase où le
problème n’est plus seulement “l’électricité”, mais la logistique
(carburant, pièces, personnel, communication, paiement) et les effets domino.
- Eau & assainissement : si l’alimentation de secours est insuffisante, les stations de
pompage/traitement et d’épuration deviennent un point dur (qualité de l’eau,
rejets, risques sanitaires).
- Alimentation : chaîne du froid (entrepôts, supermarchés), stocks, livraisons → forte
dégradation. Les paiements électroniques et caisses peuvent tomber, accélérant
la désorganisation.
- Télécom & Internet : les antennes et centraux ont des batteries et des groupes, mais pas
indéfiniment ; la dégradation progressive des réseaux (et de la
coordination) est typique.
- Chauffage : en
hiver, même avec gaz/mazout, beaucoup de systèmes modernes (circulateurs,
régulation) dépendent d’électricité. Avec pompes à chaleur, la dépendance est
directe.
- Mobilité :
stations-service (pompes), signalisation ferroviaire, recharge VE → fortes
limites ; congestion, difficultés pour les secours et la livraison.
Ce qui devient
indispensable quand la crise dure (3–7+ jours) :
Au-delà
de quelques jours, la question centrale devient “gouverner la rareté”
(prioriser, rationner, protéger, rétablir par zones) plus que “réparer un
incident”.
- Carburant (le
nerf de la résilience) : sans diesel/essence, les groupes électrogènes,
transports, chaînes d’approvisionnement et services publics s’essoufflent.
- Continuité des institutions : coordination gouvernementale, information du public, maintien de
l’ordre, arbitrage des priorités — explicitement au cœur des dispositifs de
résilience.
- Économie :
arrêt d’activité, pertes de production, ruptures contractuelles ; pression sur
PME, banques, assurances.
- Cohésion sociale : montée du stress, rumeurs, tensions (files, pénuries), vulnérables particulièrement touchés (personnes âgées, malades, ménages précaires).
En
résumé :
- Vital (immédiat) : soins, urgence, eau minimale, communication d’urgence, sécurité.
- Critique (1–3 j) : eau/assainissement, alimentation + froid, télécom, chauffage,
mobilité/logistique.
- Indispensable (3–7+ j) : carburant, gouvernance/coordination, priorisation/rationnement,
rétablissement progressif (“reconstitution”), maintien de la cohésion.
Quelques
remarques complémentaires :
En ce
qui concerne l’eau potable, les installations communales
devraient être équipées de systèmes énergétiques de secours élargis, voire
complétées par des dispositifs intégrant une filière hydrogène. Sont
directement concernées les fonctions de pompage, de traitement et de distribution
minimale. Le particulier n’est pas directement responsable de ces
infrastructures critiques.
En revanche, si l’eau portable fournie par la commune venait à être
contaminée ou temporairement indisponible, il existe, au niveau domestique,
différentes installations de traitement : filtres à charbon actif, systèmes
d’osmose inverse, adoucisseurs, dispositifs UV, etc. Ici, le triptyque revêt
toute son importance. Mais il est tout aussi essentiel que la commune dispose
d’un plan logistique de secours pour acheminer de l’eau provenant de sources
extérieures. Il faut évidemment prévoir des camions-citernes ainsi que le
carburant nécessaire.
Concernant les systèmes de récupération d’eau de pluie pour les WC,
l’arrosage ou la machine à laver, des solutions techniques existent. Elles
comprennent généralement une filtration grossière, puis fine, une cuve fermée
et protégée de la lumière (afin de limiter la prolifération d’algues et de
bactéries), ainsi qu’une pompe équipée d’un clapet anti-retour.
La question se pose alors de savoir s’il est possible d’intégrer de
l’eau de pluie prétraitée dans le réseau domestique d’eau potable. D’un point
de vue réglementaire, un tel couplage est en principe interdit, notamment afin
d’éviter tout risque de contamination croisée.
En situation de pénurie grave et prolongée, des solutions techniques de
potabilisation — incluant, par exemple, la micro- ou l’ultrafiltration, voire
une désinfection complémentaire — peuvent toutefois être envisagées, mais elles
requièrent des garanties strictes en matière de sécurité sanitaire.
Dans un tel contexte, un triptyque énergétique ménager prend tout son sens,
puisqu’il permettrait d’alimenter les systèmes de pompage, de filtration et de
traitement en cas de défaillance prolongée du réseau électrique.
En cas de
catastrophe, il est évidemment nécessaire de disposer de postes de crise, de
commandement et de coordination, notamment pour la police, la protection
civile, l’armée ainsi que les centres de crise nationaux et communaux.
La continuité
fonctionnelle est également indispensable. Les télécommunications deviennent
essentielles : il faut disposer de réseaux mobiles minimaux, de radios FM, de
systèmes de communication d’urgence et de liaisons de données critiques (santé,
sécurité). Cela suppose une alimentation électrique locale ainsi que des
capacités de stockage par batteries.
Il faut en outre
garantir le fonctionnement de l’approvisionnement alimentaire et d’une chaîne
du froid minimale pour les entrepôts alimentaires clés, les réfrigérateurs
destinés aux médicaments ainsi que les supermarchés de proximité prioritaires.
Les pharmacies sont également concernées dans ce contexte.
Le carburant et
la mobilité de secours sont également concernés. Il ne faut pas oublier que,
dans de nombreuses localités, il n’existe pas d’approvisionnement de proximité
et que les habitants doivent pouvoir se déplacer. Il conviendrait donc de
prévoir des stations-service prioritaires (afin d’assurer le fonctionnement des
pompes), de garantir la logistique du carburant ainsi que les déplacements de
secours et de soins.
Si le particulier
souhaite effectuer des achats, il ne dispose généralement pas de suffisamment
d’argent liquide pour payer, par exemple, son pain. Les paiements électroniques
et les services bancaires doivent donc être garantis : terminaux de paiement, paiements
mobiles, agences bancaires et distributeurs automatiques. À défaut, les achats
« normaux » deviennent impossibles et l’économie bascule vers une dépendance
quasi exclusive à l’argent liquide.
En ce qui
concerne les déchets, il faut une collecte minimale.
En cas de
catastrophe et de crise, il faut des centres d’accueil chauffés/refroidis et
des logements pour personnes vulnérables. La tolérance est variable en fonction
de la saison (hiver/été).
Un tableau synthétique résume certains de ces
aspects :
|
Activité |
Énergie requise |
Tolérance coupure |
|
Santé & secours |
⚡⚡⚡ |
Minutes |
|
Eau potable |
⚡⚡ |
Heures |
|
Commandement |
⚡⚡ |
Heures |
|
Télécoms |
⚡ |
12–48 h |
|
Alimentation/froid |
⚡ |
1–2 jours |
|
Carburants |
⚡ + ⛽ |
1–3 jours |
|
Assainissement |
⚡ |
3–5 jours |
|
Paiements |
⚡ (faible) |
2–4 jours |
|
Chauffage/refroid. |
⚡/🔥 |
Variable |
Il convient
toutefois d’attirer l’attention sur un aspect quelque peu paradoxal. À moins de
disposer de centres de résilience électrique plus ou moins importants, de
nombreuses opérations risquent d’être paralysées dans un contexte
d’électrification généralisée. Il est ainsi probable que la majorité des
véhicules électriques seraient immobilisés.
Par ailleurs, la
plupart des groupes électrogènes fonctionnent encore avec des carburants, donc
avec des énergies fossiles.
Nous avons
précédemment évoqué le polyptyque énergétique, dont l’utilité mérite d’être
examinée dans ce contexte :
- Photovoltaïque, éolienne et batterie au niveau du ménage
- Batterie de voisinage → mutualisation
- Batterie de quartier → élargissement de la mutualisation
- Électrolyseur → stockage saisonnier
- Pile à combustible → secours longue durée
Cette constellation devrait également être
implantée de manière décentralisée dans les communes, en fonction des besoins
prioritaires (eau potable, centres de secours, halls d’accueil, maison
communale, préparation et distribution des aliments, etc.).
Pour illustrer l’enjeu des conséquences
éventuelles d’un blackout, on pourrait mentionner et décrire en détail le cas
particulier d’un groupe d’utilisateurs particulièrement dépendant de
l’électricité, et ce dès le premier jour d’une panne : les agriculteurs
spécialisés dans la production laitière.
Si la coupure devait se prolonger et si les
groupes électrogènes ne pouvaient plus fonctionner faute de carburant, le pays
risquerait de se retrouver avec des dizaines de milliers de vaches laitières
malades, en souffrance, voire mortes. Les risques sanitaires augmenteraient
fortement, avec des conséquences écologiques et sociétales notables. Comment
gérer une telle situation ?
Comme l’agriculteur ne peut stocker le lait
produit pendant plusieurs jours, il en découle la nécessité pour les laiteries
de pouvoir fonctionner normalement afin de traiter le lait collecté. À défaut,
le lait issu de la traite devrait être évacué, voire déversé, ce qui poserait
un problème considérable.
La question est d’envergure. Le Luxembourg compte
environ 55 000 vaches laitières (réparties sur 558 exploitations, soit en
moyenne 99 vaches par exploitation), ce qui représente une production d’environ
1,3 million de litres de lait par jour. Il est évidemment impossible de traire
55 000 vaches deux à trois fois par jour à la main.
Une ferme laitière doit donc disposer
d’électricité quotidiennement pour :
- Salle de traite automatisée
- Refroidissement du lait (tank réfrigéré)
- pompes à eau (abreuvement)
- Distribution automatisée d’aliments
- Nettoyage (eau chaude)
- Ventilation des étables
- Systèmes informatiques et traçabilité
Certaines études estiment l’électricité nécessaire
à la traite de 99 vaches entre 200 et 400 kWh. Si on prend 300 kWh/jour
(milieu de fourchette), ça donne à la louche :
- Refroidissement : ~90 kWh/j
- Eau chaude : ~70 kWh/j
- Traite : ~60 kWh/j
- Autres : ~80 kWh/j
Traire
une vache à la main nécessite environ sept minutes. Pour 100 vaches, cela
représenterait 700 minutes, soit près de 11 heures. La journée de travail ne
serait donc pas suffisamment longue pour assurer deux à trois traites
quotidiennes par une seule personne.
Pour
garantir la traite mécanique ainsi que le refroidissement du lait, il faudrait
disposer d’un groupe électrogène de secours d’une puissance d’au moins 20 kVA.
On retombe alors, une fois de plus, dans une dépendance aux énergies fossiles.
Pour assurer la traite 2-3 fois par jour
+refroidissement pendant un blackout de 2-5 jours, il faudrait donc un ilot de
secours polyptyque plutôt puissant :
Dimensionnement typique dans ce contexte :
- Pile à combustible (ou groupe) : 20–30 kW (pour couvrir la pointe, avec marge)
- Batterie utile : 200–500 kWh (tampon + démarrages + continuité nocturne)
- PV : 30–80 kWp (recharge batterie, soulage H₂, utile surtout mars–octobre) : 360 à 550 m2
- Éolien : 0–30 kW selon site (souvent optionnel si vent médiocre)
- Électrolyseur : 10–30 kW (faire du H₂ quand surplus PV/éolien)
- Stockage H₂ : 30–100 kg (ordre de grandeur : 1 kg H₂ ≈ 33 kWh PCI ; à la pile, utile ≈ 16–20 kWh/kg selon rendement)
Hypothèse énergétique : 150–300 kWh/j → 5 jours =
750-– 1500 kWh utiles.
En H₂, ça fait typiquement 40–90 kg selon le rendement et la marge.
Une vache ne meurt généralement pas en 1–2 jours
sans traite, mais au-delà de 3–4 jours le risque sanitaire devient sérieux, et
au-delà d’une semaine sans intervention, le risque vital augmente fortement.
|
Durée sans traite |
Risque principal |
Risque vital |
|
< 24 h |
Inconfort |
Très faible |
|
24–48 h |
Mammite probable |
Faible |
|
2–4 jours |
Infection sérieuse |
Modéré |
|
4–7 jours |
Infection sévère possible |
Élevé si non soigné |
Ceci n’est qu’un scénario estimatif d’un
problème spécifique. Mais il montre bien les problèmes d’un blackout
prolongé.
Ce contexte n’est pas anodin. Que faire de 55 000
vaches laitières malades nécessitant des traitements vétérinaires si
l’agriculteur ne dispose plus de l’électricité nécessaire pour les traire ? Dans
quelle mesure les résidus métaboliques des médicaments pourraient-ils
contaminer les eaux ? Que faire des cadavres susceptibles de s’accumuler en cas
de mortalité importante ? Le Luxembourg ne dispose pas d’un grand site unique
d’équarrissage comme dans certains pays agricoles plus vastes, mais s’appuie
sur un réseau de prestataires agréés pour cette fonction sanitaire. Il semble
que la destruction finale des cadavres (incinération ou valorisation en usine
de sous‑produits animaux) se fasse dans des installations spécialisées situées
hors du site, qui peuvent être à l’étranger. Si tel est le cas, il faut de
nouveau une logistique importante pour transporter les cadavres animaux à
l’étranger. On ne semble pas échapper aux énergies fossiles à ce jour.
Rendons attentif à un autre phénomène. Si les
laiteries ne fonctionnent plus, les producteurs de lait seraient contraints de
déverser le lait dans la nature (rivières, ruisseaux, épandage sur le sol,
etc.). Rappelons que la production laitière au Luxembourg s’élève à environ 1,3
million de litres par jour.
Comme il s’agit d’une matière organique, on
pourrait croire qu’un tel acte n’aurait pas de conséquences. Or, il n’en est
rien. Le lait est une substance hautement biodégradable. Cela peut paraître
positif, mais le problème est que sa dégradation par les bactéries consomme
énormément d’oxygène dissous.
Le lait contient du lactose (sucre), des protéines
et des lipides. Sa demande biologique en oxygène (DBO) est très élevée. En
rivière ou en étang, cela peut entraîner une chute rapide du taux d’oxygène,
une mortalité accrue des poissons et la disparition des invertébrés aquatiques.
Un autre phénomène possible est l’eutrophisation
(prolifération d’algues). Le lait contient de l’azote et du phosphore. Ces
nutriments peuvent stimuler des blooms algaux, surtout en eaux stagnantes
(lacs, retenues). Les conséquences possibles sont la prolifération d’algues, la
production de toxines et une nouvelle chute d’oxygène lors de la décomposition.
L’effet peut devenir cumulatif si les déversements sont réguliers.
Les impacts sur les sols ne sont pas négligeables
non plus. Si le lait est épandu sur des terres agricoles, il peut avoir un
effet fertilisant à petite dose. Mais à grande échelle, les effets peuvent
devenir problématiques : fermentation, acidification locale, perturbation
microbiologique, odeurs et ruissellement vers les nappes et les rivières. En
cas de quantités massives et répétées, il existe un risque réel de pollution
diffuse.
L’ampleur des dégâts dépend évidemment de
l’échelle : fréquence des déversements, volumes concernés et surface touchée. À
volume équivalent, le lait peut s’avérer plus polluant que l’eau usée
domestique en raison de sa forte charge organique.
Par analogie, on peut transposer ce modèle des
exploitants laitiers à de nombreuses autres activités économiques de même
envergure, comme par exemple les supermarchés. Selon certaines recherches, sans
garantie d’exactitude, la consommation se situerait entre 10000 et 25 000 kWh
par jour, selon la surface et l’intensité du froid requise.
Une autre analyse a porté sur les boulangeries de
quartier, notamment le cas d’une petite boulangerie artisanale équipée d’un
four électrique :
|
Poste |
Puissance typique |
Durée/jour |
Consommation |
|
Four électrique |
15–30 kW |
4–6 h |
60–180 kWh |
|
Chambres de fermentation /
froid |
1–3 kW |
10–24 h |
10–50 kWh |
|
Pétrin / façonneuse |
2–5 kW |
1–2 h |
2–10 kWh |
|
Vitrines réfrigérées |
1–2 kW |
10–14 h |
10–25 kWh |
|
Éclairage + divers |
— |
— |
5–15 kWh |
Total typique : ~100 à 250 kWh par jour
Dans cette perspective, qu’en est-il des
infrastructures économiques de base — agences bancaires, pharmacies, commerces
de détail et commerces de proximité — en situation de crise énergétique ?
Par ailleurs, il convient d’examiner si la
sécurité collective resterait assurée dans l’hypothèse où les établissements
pénitentiaires luxembourgeois seraient confrontés à un blackout entraînant la
défaillance de leurs systèmes techniques. Les effectifs humains seraient-ils en
mesure de compenser ces défaillances ? Quels risques pour l’ordre public
pourraient découler d’éventuelles évasions et de la dispersion de détenus dans
la société civile ? En dehors des groupes électrogènes, des polyptiques
énergétiques pourraient être opportuns.
Les préoccupations relatives aux blackouts
relèvent-elles d’obsessions paranoïaques ou existe-t-il des raisons solides de
s’inquiéter ? S’agit-il simplement d’une hypervigilance anxieuse chez certaines
personnes ?
Il est indéniable que le risque de blackout
existe. Plusieurs pays européens ont déjà connu des coupures majeures. Sans
même évoquer les événements les plus récents, la République tchèque a subi une
panne régionale importante en juillet 2025 ainsi que l’Espagne et le Portugal
en avril 2025. En Italie, des pannes localisées ou des interruptions de courte
durée semblent se produire régulièrement (environ deux par an selon certaines
estimations). Le 28 janvier 2026, l’Espagne a évité in extremis un
nouveau blackout général
Le 8 janvier, le réseau synchrone continental
européen a été scindé en deux zones pendant environ une heure (14h05–15h08
CET). Environ 233 MW de charge ont été perdus, avec un délestage automatique de
grands consommateurs en France et en Italie (jusqu’à 1,7 GW), mais sans
blackout généralisé pour la majorité des ménages.
Le 2 septembre 2004, une panne électrique majeure
a touché l’ensemble du Luxembourg pendant environ 33 à 40 minutes, à la suite
d’un défaut sur le réseau haute tension en Allemagne ayant entraîné la perte
d’alimentation du réseau luxembourgeois alors géré par CEGEDEL.
En 2020, 68 pannes ont été recensées au Luxembourg,
en 2021, 88, notamment en raison des inondations exceptionnelles de l’été et en
2022, environ 59 interruptions ont été enregistrées. Une panne électrique
notable a plongé plusieurs communes du nord du Luxembourg dans le noir
pendant plus de deux heures, début 2023et d’autres coupures ont été
signalées à Mamer et ailleurs, liées à des causes diverses comme des
défauts techniques ou des incidents d’infrastructure
Quelles sont, de manière générale, les causes
possibles d’un blackout ? Deux notions doivent être distinguées. Le blackout
désigne l’effondrement partiel ou total du réseau électrique. Le délestage, en
revanche, correspond à des coupures maîtrisées et planifiées visant à prévenir
un tel effondrement (cas de l’Espagne le 28 janvier 2026).
En considérant le cadre général, il faut d’abord
insister sur un fait majeur : l’Europe — Luxembourg compris — est
interconnectée sur le plan électrique.
ENTSO-E signifie European
Network of Transmission System Operators for Electricity. Il s’agit de l’organisation qui regroupe les
gestionnaires de réseaux de transport d’électricité (TSO) de la quasi-totalité
des pays européens. Elle représente 39 opérateurs dans 35 pays (Union
européenne et pays associés).
Son rôle comprend plusieurs fonctions :
- assurer la coordination technique afin de garantir la stabilité et la synchronisation du réseau européen ;
- publier en temps réel des données relatives à la production, à la consommation et aux échanges transfrontaliers ;
- élaborer des scénarios prospectifs de développement du réseau (TYNDP – Ten-Year Network Development Plan) ;
- faciliter l’intégration massive des énergies renouvelables, notamment photovoltaïques et éoliennes.
ENTSO-E n’est ni un producteur d’électricité, ni
un fournisseur, ni un régulateur. Ce dernier rôle relève des autorités
nationales de régulation ainsi que de l’ACER (Agency for the Cooperation of
Energy Regulators).
Les blackouts peuvent résulter de différentes
causes, parmi lesquelles figurent notamment les suivantes (liste non
exhaustive) :
- Déséquilibre entre production et
demande : il peut en résulter une défaillance en cascade (effet domino).
Il ne s’agit pas d’un événement anodin. Cette situation mérite d’être
détaillée, car elle constitue un phénomène structurel. L’Allemagne y est
régulièrement confrontée lorsque ses parcs éoliens en mer du Nord
produisent une quantité d’électricité excédentaire qui ne peut être
écoulée si la demande est insuffisante.
- Si cela se produit, on demande aux
éoliennes de ralentir ou de s’arrêter, ce qui constitue aujourd’hui la
solution la plus fréquente. Toutefois, une partie de l’énergie est alors
perdue. L’électricité excédentaire peut également être exportée vers les
Pays-Bas, le Danemark, la Norvège ou la Belgique grâce à des câbles
sous-marins à courant continu haute tension (HVDC).
- Toutefois, si l’ensemble de ces pays
voisins bénéficie également de conditions venteuses, ils n’ont pas
nécessairement besoin de cette électricité supplémentaire. Cette
situation peut également avoir des répercussions sur le marché spot : les
prix peuvent devenir négatifs, les producteurs étant alors contraints de
payer pour injecter leur électricité dans le réseau.
Cela incite, sous diverses formes, au développement de mécanismes de consommation flexible et, en dernier ressort, au recours à l’électrolyse, au pompage-turbinage (particulièrement important en Norvège) ainsi qu’aux batteries de réseau, dont les capacités restent encore limitées à l’échelle de plusieurs gigawatts.
Un réseau électrique fonctionne dans un équilibre permanent où la production doit, à chaque instant, être égale à la consommation. Si une ligne à haute tension (HT) transporte une puissance excessive, elle s’échauffe (effet Joule) et les capteurs détectent un dépassement des seuils admissibles. Afin d’éviter toute détérioration, les dispositifs de protection se déclenchent et la ligne est automatiquement isolée du réseau. Il s’agit d’une mesure de sécurité normale.
Cependant, l’électricité ne « disparaît » pas : les flux se redistribuent
et cherchent d’autres chemins à travers le réseau. Les lignes voisines
absorbent alors la charge supplémentaire. Si elles fonctionnent déjà à
proximité de leur limite thermique ou de stabilité, elles peuvent à leur tour
être surchargées et déclencher leurs protections, entraînant leur mise hors
service.
Ce processus peut se propager en cascade, car la puissance initialement
transportée doit toujours être acheminée ailleurs.
En cas de déséquilibre important entre production et consommation, la
fréquence du réseau chute (en Europe, la valeur nominale est de 50 Hz ; un
passage sous 49 Hz constitue déjà une situation critique). Cela peut provoquer
le décrochage automatique de certaines centrales, une fragmentation du réseau
en « îlots » ou, dans le pire des cas, un effondrement généralisé.
- Si la demande devient supérieure à
la production (comme en Espagne en janvier 2026), les alternateurs des
centrales ralentissent légèrement et la fréquence du réseau baisse (par
exemple de 49,98 Hz à 49,9 Hz). La fréquence constituant le « thermomètre
» du déséquilibre, des mécanismes automatiques de régulation s’activent
immédiatement : les centrales augmentent légèrement leur puissance
(réserve primaire), et, s’il existe des batteries de réseau, celles-ci
peuvent injecter de l’électricité afin de stabiliser le système.
Si la fréquence descend vers 49,5 Hz, la situation devient sérieuse. Si
elle atteint 49 Hz, un délestage automatique peut s’enclencher : certaines
zones sont alors volontairement coupées afin de préserver l’intégrité du reste
du réseau. On parle de délestage tournant, stratégie de protection visant à
éviter un effondrement généralisé.
Si ces mesures s’avèrent insuffisantes et que la fréquence continue de
chuter, des centrales peuvent décrocher automatiquement pour se protéger. Le
réseau peut alors se fragmenter en « îlots » électriques autonomes, ce qui peut
conduire à un blackout régional.
Un blackout généralisé suppose toutefois un déséquilibre massif et la
défaillance successive des mécanismes de protection. Il ne survient qu’en
dernier ressort, lorsque l’ensemble des dispositifs de stabilisation et de
sauvegarde ont été dépassés.
- Tempêtes avec des vents très forts, chutes de neige lourde, inondations, canicules, feux de forêt ou tempêtes solaires, pouvant entraîner la chute de pylônes, l’inondation ou l’incendie de postes électriques, voire rendre l’accès aux installations physiquement impossible.
- Une canicule prolongée peut induire une
surconsommation d’électricité (notamment due à la climatisation). Elle peut également entraîner une baisse
du rendement ou de la puissance disponible de certaines centrales électriques.
En outre, elle peut provoquer un manque d’eau pour le refroidissement,
notamment dans les centrales nucléaires.
- Rupture
d’approvisionnement énergétique pour cause de guerre, d’embargo, de sabotage (gaz, charbon, uranium,
pétrole) et autres
- Cyberattaque ciblant les réseaux
électriques via les systèmes SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition) :
Il s’agit d’une attaque
informatique visant à modifier des consignes d’exploitation, ouvrir ou fermer
des lignes, perturber la fréquence, désactiver des protections ou manipuler des
données. Ce n’est pas une attaque « physique » directe, mais une prise de
contrôle malveillante des systèmes de commande. En Ukraine, des cyberattaques
en 2015 et 2016 ont provoqué des coupures d’électricité régionales.
- Sabotage / attentat physique visant les lignes à haute tension
(pylônes), les postes électriques (par exemple des sous-stations HT) ainsi que
des transformateurs stratégiques.
Rappelons, dans ce contexte, l’incendie volontaire survenu en janvier 2026 à Berlin (quartier de Lichterfelde) : des câbles à haute tension ont été incendiés sur un pont de câbles situé à proximité d’une centrale de cogénération, provoquant une panne de courant affectant environ 25 000 à 45 000 foyers et entreprises selon les phases du bilan.
Plusieurs lignes (110 kV et 10 kV) ont été touchées, entraînant l’arrêt forcé de ces circuits et un blackout de plusieurs jours dans certains secteurs. Les lignes 110 kV structurent l’alimentation de quartiers entiers, tandis que les lignes 10 kV distribuent l’électricité vers les postes de transformation de proximité.
La concentration de plusieurs câbles sur un même pont constitue un point névralgique (corridor technique), ce qui peut amplifier l’ampleur d’une panne ou d’un sabotage lorsque plusieurs circuits sont affectés simultanément.
- Défaillances techniques
- Autres ?
Les possibilités de perturbation du réseau sont
nombreuses, et le ménage qui s’aménage un îlot électrique sécuritaire n’est
certainement pas à côté de la plaque. Cette démarche est d’autant plus
pertinente que le Luxembourg importe environ 80 % de son électricité
d’Allemagne, de Belgique et de France, et qu’il risque également d’importer les
difficultés d’approvisionnement de ses pays voisins si celles-ci devaient
survenir.
Mais revenons à nos moutons, à l’origine de ce
document : la sécurité énergétique d’un ménage. On peut s’interroger sur la
plus-value d’un îlot énergétique autonome. Dans quelle mesure la constellation
électrique triptyque peut-elle compenser un manque d’électricité si le réseau
national est à l’arrêt ?
Le consommateur ne peut utiliser directement
qu’une seule source primaire d’énergie, à savoir le bois, pour le chauffage et
la cuisson au moyen d’un feu. Cette source ne peut toutefois constituer qu’une
énergie d’appoint, tant en raison des ressources disponibles que des
conséquences de sa combustion sur l’atmosphère. Son usage généralisé en milieu
urbain est structurellement irréaliste.
Ainsi, il est difficilement envisageable que, dans
un immeuble d’habitation de quinze étages, tous les ménages se chauffent et
cuisinent au feu de bois, surtout si les conduits de cheminée nécessaires n’ont
pas été prévus lors de la construction, sans même parler des contraintes liées
au stockage du combustible et à sa manutention.
Une énergie primaire simple n’est pas
nécessairement adaptée à une société complexe. Plus la densité sociale
augmente, plus l’énergie doit être concentrée, centralisée ou mutualisée,
filtrée et régulée. L’autonomie énergétique primitive n’est pas transposable
telle quelle à la modernité urbaine.
Il convient en outre de rappeler que la combustion
du bois n’est nullement neutre sur le plan écologique : elle entraîne des
émissions de CO₂, de méthane en cas de combustion incomplète, ainsi que de
particules fines, de suies, de cendres volantes et de composés organiques
volatils (COV) et HAP (benzène, formaldéhyde, hydrocarbures aromatiques
polycycliques). L’utilisation du bois peut certes s’inscrire dans une logique
de développement durable, à condition de ne pas prélever davantage de bois
qu’il n’en repousse. Elle n’en demeure pas moins source d’un impact climatique,
d’effets néfastes sur la santé et de nuisances olfactives et de voisinage. Par
ailleurs, lorsqu’il est utilisé dans un foyer ouvert, le rendement est très
faible (10–20 %), contrairement à celui d’un poêle moderne, qui peut atteindre
70 à 85 %.
Rappelons que toutes les énergies fossiles doivent
être transformées et conditionnées avant de pouvoir être utilisées par le
consommateur, notamment par les ménages. Il en va de même pour les énergies
renouvelables (soleil, vent, hydraulique, pompes à chaleur, sondes
géothermiques, etc.) lorsqu’elles sont utilisées directement au sein d’un
foyer.
Toute énergie utilisable par un ménage suppose une
médiation technique préalable. L’énergie domestique n’est jamais « naturelle »
; elle est toujours le résultat d’une transformation technique. Ainsi :
- Le pétrole doit être raffiné.
- Le gaz doit être extrait, traité et transporté.
- L’électricité renouvelable nécessite panneaux, éoliennes, onduleurs.
- Les pompes à chaleur impliquent compresseurs, fluides frigorigènes, régulation électronique.
La distinction
entre énergies fossiles et renouvelables ne supprime pas la complexité
technique. Même les renouvelables, souvent perçues comme « simples », exigent
des matériaux industriels, des métaux critiques, une électronique de puissance
et des infrastructures de réseau.
Ces
transformations requièrent des installations techniques sophistiquées, dont la
fabrication et l’acheminement vers le lieu d’utilisation mobilisent
d’importantes quantités d’énergie grise. Celle-ci doit être amortie sur
plusieurs années avant que l’installation ne produise une énergie réellement «
verte », au sens net du terme.
Concernant le
photovoltaïque domestique, on estime généralement que l’énergie grise est
amortie après 1,5 à 2,5 ans, pour une durée de vie de 25 à 30 ans. La
production nette d’électricité sur l’ensemble du cycle de vie représente ainsi
environ 10 à 20 fois l’énergie initialement investie.
Dans le cadre du
triptyque énergétique sécuritaire, l’éolienne domestique doit être envisagée
sous l’angle de la consommation finale d’énergie de l’utilisateur. Par «
domestique », on entend essentiellement les ménages ainsi que les différents
types d’ensembles résidentiels.
L’utilisation
d’une éolienne domestique peut-elle faire sens dans ce contexte ? Je soutiens
que oui, mais je propose d’en entreprendre une analyse systématique afin d’en
évaluer la pertinence réelle. Nous y reviendrons ultérieurement.
Le recours à
d’autres énergies primaires renouvelables (vent, soleil) nécessite
l’utilisation d’équipements techniques sophistiqués, mobilisant des compétences
avancées en ingénierie et en recherche scientifique. Toutefois, il demeure
aujourd’hui très difficile d’atteindre une autarcie complète en raison de
l’intermittence et de l’irrégularité de la production de ces sources d’énergie.
Le photovoltaïque
ne contribue à cette autarcie qu’en fonction des heures d’insolation.
Le graphique
ci-après illustre directement cet aspect :
On voit bien l’insolation
n’est vraiment significatif que d’avril à septembre. L’apport de la PV n’est
donc pas substantiel pour toute l’année (article au blog : insolation pour
2025 pour chaque mois par heure et minutes).
La courbe de
production de l’électricité par ma PV (janvier à décembre 2025) a une allure
analogue à la courbe de l’ensoleillement.
Mais les mois
d’automne et d’hiver bénéficient peu de la production PV et nécessitent donc
des importations importantes du réseau. L’autarcie pendant ces mois est
dérisoire.
On voit aussi que
la grande partie de la production (vert clair) est exportée vers le réseau
parce que la demande d’électricité est maigre pendant les périodes de forte
production en journée.
L’installation
d’une batterie de 12 kWh en 2026 va résoudre en partie ce problème. Mais
l’exploitation des données actuelles (donc de PV et batterie en 2026 déjà
actuellement diponibles) montre déjà clairement que les 12 kWh sont
insuffisants pour limiter l’exportation de l’électricité produite vers le
réseau. Il faudra probablement aller sur les 30 kWh pour augmenter sensiblement
l’autarcie et garder toujours une réserve de 6-8 kWh en réserve en cas de
coupure du réseau.
Le tableau
ci-après montre la consommation en 2025. La consommation en hiver et automne
est la plus forte, là ou la production de la PV est la plus faible.
La batterie
permettra de compenser en partie le décalage journalier entre production PV et
consommation, mais n’apporte aucune solution pour augmenter l’apport d’énergie
renouvelable à cause du mauvais rendement en hiver et automne.
Les tableaux
suivant montrent bien les limites de la PV :
Le tableau
ci-après montre que la production aurait pu couvrir la consommation en été s’il
y avait eu une batterie suffisante en capacité (30 kWh) pour couvrir les
décalages journaliers de la consommation et de la production. En effet la
consommation journalière moyenne était de 16 kWh.
Ainsi, pour
tenter de couvrir les besoins en électricité en automne et en hiver, l’éolienne
domestique, élément du triptyque énergétique sécuritaire, pourrait fournir une
aide précieuse et agir de manière complémentaire en entrant en service lorsque
les conditions météorologiques sont défavorables à la production
photovoltaïque.
Analysons donc
cet aspect de l’« éolienne domestique », qui n’est que très peu, voire pas du
tout, pris en compte dans les réflexions énergétiques politique au niveau des
foyers.
Il existe des
éoliennes domestiques verticales hélicoïdales d’une puissance nominale allant
de 800 watts jusqu’à 12 000 watts (et au-delà). La puissance nominale
correspond à la puissance maximale que l’éolienne peut fournir dans des
conditions de vent optimales. En réalité, une éolienne ne produit pas en
permanence sa puissance nominale. La puissance dépend :
- de la vitesse du vent
- de la densité de l’air
- de la courbe de puissance du rotor
Il ne faut pas
confondre la puissance et l’énergie. La puissance (exprimée en kW ou en watts)
indique la capacité instantanée, tandis que l’énergie (exprimée en kWh)
correspond à la quantité produite sur une durée donnée. Ainsi, une éolienne de
5 kW ne produit 5 kWh que si elle fonctionne à pleine puissance pendant une
heure.
Pour les raisons
exposées dans l’article adressé aux ministères, je ne considère ici que les
éoliennes domestiques verticales hélicoïdales de type Savonius, qui présentent
certains avantages en milieu urbain.
Quel peut être
leur apport pendant la « mauvaise » saison du photovoltaïque ? Tout dépend de
la vitesse du vent — heure par heure, jour par jour, mois par mois et selon les
saisons — ainsi que de la puissance nominale de l’éolienne. D’autres facteurs
jouent toutefois également un rôle important.
- démarrage à très faible vent (2–3 m/s)
- robustesse mécanique
- production régulière à faible vent
- bon comportement en turbulence
- couple élevé à bas régime
- sécurité et simplicité
Types
d’éoliennes :
Lien pour un
mémoire de master en génie mécanique : « Étude générale d’une
éolienne de type Savonius » : https://repository.enp.edu.dz/jspui/bitstream/123456789/5489/1/KACIMI.Meriem.pdf
Revenons aux
divers facteurs concernant les éoliennes :
La vitesse du
vent est un facteur
dominant : La puissance est proportionnelle au cube de la vitesse du
vent : P∝v3. Si
le vent double, la puissance est multipliée par 8. Une légère variation de vent
change fortement la production.
La surface balayée par le rotor : Pour une éolienne verticale :
La densité de
l’air est un autre
facteur, conditionnée par l’altitude et la température : P∝ρ.
- Air froid et dense → plus de puissance
- Air chaud ou altitude élevée → moins de puissance
Le coefficient
de performance (Cp) : Toutes les éoliennes ne convertissent pas l’énergie du vent avec la même
efficacité. Limite théorique :
Le régime de
vent local (urbain vs rural) :. En zone urbaine , il faut considérer :
- Turbulences
- Effets de toit
- Obstacles
- Couche limite (est la partie basse de l’atmosphère où le vent est fortement influencé par le sol).
Les éoliennes
verticales sont plus tolérantes aux turbulences, mais la turbulence
réduit la puissance moyenne exploitable.
La vitesse de démarrage (cut-in) joue aussi son rôle. Une éolienne
verticale démarre souvent vers 2–4 m/s selon modèle. Si le vent local est
souvent inférieur à ce seuil → production quasi nulle.
La forme synthétique des ces variables est la
suivante :
Le vent joue un
rôle fondamental. La distribution des vitesses du vent en classes de km/h sur
une année peut donner une indication du potentiel de production d’une éolienne
domestique verticale hélicoïdale.
Mes recherches
m’ont indiqué que MétéoLux publie régulièrement les vitesses du vent par mois
pour une année donnée, ainsi que la vitesse moyenne horaire pour chaque jour.
Index of
/met/clim/de/Stundenwerte/Wind/Mittelwind/Tabelle/ https://cdn.ana.lu/met/clim/de/Stundenwerte/Wind/Mittelwind/Tabelle/2024/
2018/
25-Mar-2025 08:12
-
2019/
25-Mar-2025 08:12
-
2020/
25-Mar-2025 08:12
-
2021/
25-Mar-2025 08:12
-
2022/
25-Mar-2025 08:12
-
2023/
25-Mar-2025 08:12
-
2024/
25-Mar-2025 08:12
-
2025/
25-Mar-2025 08:12
-
2026/
02-Feb-2026 11:03
En « ventilant » 😊 les données par mois — par exemple pour
l’année 2025 — on peut analyser les vitesses moyennes pour chaque mois et pour
chaque heure..
Vent moyen horaire pour 01.2025.xlsx 25-Apr-2025 08:46 82508
Vent moyen horaire pour 02.2025.xlsx 25-Apr-2025 08:46 81554
Vent moyen horaire pour 03.2025.xlsx 25-Apr-2025 08:46 82405
Vent moyen horaire pour 04.2025.xlsx 20-May-2025 09:45 82066
Vent moyen horaire pour 05.2025.xlsx 02-Jun-2025 07:35 82402
Vent moyen horaire pour 06.2025.xlsx 02-Jul-2025 06:17 82157
Vent moyen horaire pour 07.2025.xlsx 01-Aug-2025 09:37 82508
Vent moyen horaire pour 08.2025.xlsx 01-Sep-2025 07:21 82463
Vent moyen horaire pour 09.2025.xlsx 01-Oct-2025 06:51 82109
Vent moyen horaire pour 10.2025.xlsx 03-Nov-2025 08:03 82479
Vent moyen horaire pour 11.2025.xlsx 01-Dec-2025 07:18 81946
Vent moyen horaire pour 12.2025.xlsx 02-Jan-2026 08:41 82260
latest.xlsx
02-Jan-2026 08:41
82260
Le détail de la
distribution des vitesses du vent par mois, jour et heure est présenté dans un
article distinct du blog : « Vitesses du vent pour 2025 (MétéoLux) :
distribution des vitesses (classes de 10 km/h) par mois, jour et heure ».
À titre
d’exemple, voici le mois de décembre 2025 :
J’ai soumis ces
données à une intelligence artificielle afin d’analyser les heures par classes
horaires. Voici la répartition pour un mois donné :
Analyse réelle – Décembre 2025 (station Findel)
Total heures : 744
🔹 Répartition par classes (calculée à partir des
valeurs fournies)
|
Classe (km/h) |
Heures |
% du temps |
|
0–10 |
304 h |
40,9 % |
|
10–20 |
301 h |
40,5 % |
|
20–30 |
104 h |
14,0 % |
|
30–40 |
28 h |
3,8 % |
|
>40 |
7 h |
0,9 % |
J’ai demandé à l’IA
de calculer la production d’électricité pour une éolienne domestique
hélicoïdale de 5000 W. En utilisant des milieux de classes, l’ IA, pour
calculer la puissance moyenne par classe, a généré le tableau suivant :
Décembre 2025 — distribution des
vitesses (classes de 10 km/h)
Sur un total
de 720 heures
|
Classe (km/h) |
Heures |
% du temps |
|
0–10 |
304 h |
40,9 % |
|
10–20 |
301 h |
40,5 % |
|
20–30 |
104 h |
14,0 % |
|
30–40 |
28 h |
3,8 % |
|
>40 |
7 h |
0,9 % |
|
Vent moyen horaire pour Décembre 2025 |
|||||||||||||||||||||||||
|
Jour du mois |
Unité |
Heures (TU*): |
|||||||||||||||||||||||
|
01 |
02 |
03 |
04 |
05 |
06 |
07 |
08 |
09 |
10 |
11 |
12 |
13 |
14 |
15 |
16 |
17 |
18 |
19 |
20 |
21 |
22 |
23 |
24 |
||
|
01 |
° |
214 |
202 |
202 |
183 |
175 |
177 |
190 |
176 |
184 |
178 |
174 |
175 |
178 |
191 |
163 |
165 |
160 |
165 |
164 |
166 |
163 |
161 |
164 |
168 |
|
km/h |
8,6 |
7,9 |
4,7 |
6,8 |
5,8 |
7,9 |
8,3 |
11,2 |
11,9 |
11,5 |
10,8 |
12,6 |
15,5 |
15,8 |
14,8 |
14,0 |
13,0 |
15,5 |
17,6 |
15,1 |
13,0 |
10,8 |
15,5 |
16,9 |
|
|
02 |
° |
168 |
174 |
175 |
165 |
168 |
173 |
170 |
167 |
161 |
161 |
173 |
172 |
171 |
172 |
174 |
177 |
181 |
171 |
172 |
185 |
174 |
144 |
132 |
131 |
|
km/h |
15,8 |
14,8 |
14,0 |
14,4 |
15,8 |
14,0 |
13,7 |
12,6 |
11,9 |
13,7 |
15,1 |
13,3 |
13,7 |
16,9 |
14,4 |
11,2 |
10,4 |
10,8 |
11,5 |
11,9 |
10,8 |
6,8 |
7,9 |
6,5 |
|
|
03 |
° |
114 |
116 |
133 |
150 |
153 |
174 |
157 |
174 |
188 |
154 |
231 |
233 |
206 |
162 |
151 |
160 |
173 |
170 |
178 |
181 |
172 |
166 |
143 |
155 |
|
km/h |
7,2 |
8,3 |
7,9 |
7,6 |
7,6 |
8,6 |
5,8 |
4,7 |
5,8 |
4,7 |
5,4 |
5,0 |
4,7 |
4,3 |
9,0 |
5,0 |
5,4 |
7,6 |
8,3 |
7,6 |
8,6 |
6,5 |
7,9 |
10,4 |
|
|
04 |
° |
171 |
171 |
171 |
155 |
150 |
151 |
151 |
121 |
137 |
147 |
156 |
158 |
154 |
147 |
146 |
150 |
150 |
157 |
146 |
149 |
143 |
141 |
146 |
159 |
|
km/h |
10,4 |
10,8 |
11,5 |
9,7 |
10,4 |
10,1 |
8,6 |
11,2 |
14,4 |
14,4 |
16,9 |
15,8 |
15,8 |
15,8 |
15,8 |
14,0 |
14,0 |
13,3 |
12,6 |
13,7 |
10,4 |
10,4 |
8,6 |
6,8 |
|
|
05 |
° |
158 |
135 |
159 |
220 |
238 |
206 |
286 |
267 |
230 |
270 |
229 |
234 |
212 |
222 |
203 |
207 |
195 |
179 |
183 |
190 |
179 |
186 |
168 |
162 |
|
km/h |
6,5 |
5,0 |
2,9 |
5,4 |
4,0 |
6,8 |
5,4 |
7,2 |
6,5 |
4,7 |
7,2 |
7,9 |
7,2 |
9,0 |
9,0 |
10,8 |
9,4 |
8,3 |
9,4 |
11,2 |
13,3 |
17,3 |
14,4 |
16,2 |
|
|
06 |
° |
164 |
170 |
172 |
159 |
173 |
181 |
180 |
181 |
185 |
187 |
186 |
199 |
213 |
210 |
213 |
217 |
213 |
214 |
227 |
224 |
223 |
222 |
226 |
222 |
|
km/h |
19,1 |
20,2 |
17,6 |
19,1 |
21,6 |
20,2 |
18,7 |
15,5 |
16,9 |
16,2 |
16,6 |
18,7 |
23,8 |
21,2 |
23,4 |
20,5 |
17,6 |
19,1 |
19,4 |
21,2 |
22,3 |
20,2 |
21,6 |
19,8 |
|
|
07 |
° |
219 |
221 |
224 |
220 |
218 |
222 |
214 |
210 |
204 |
198 |
195 |
184 |
182 |
183 |
182 |
187 |
188 |
196 |
216 |
227 |
234 |
235 |
241 |
230 |
|
km/h |
19,1 |
20,2 |
16,6 |
18,0 |
17,3 |
16,9 |
17,3 |
15,5 |
15,8 |
15,5 |
16,2 |
16,2 |
18,0 |
18,0 |
17,3 |
14,4 |
14,8 |
14,4 |
18,7 |
25,2 |
25,6 |
26,3 |
25,6 |
18,7 |
|
|
08 |
° |
227 |
229 |
223 |
217 |
213 |
217 |
219 |
219 |
221 |
222 |
224 |
232 |
227 |
225 |
222 |
235 |
242 |
226 |
224 |
212 |
182 |
166 |
178 |
189 |
|
km/h |
18,4 |
20,5 |
18,7 |
18,7 |
18,0 |
20,9 |
22,7 |
21,2 |
20,5 |
21,6 |
20,9 |
22,3 |
22,7 |
21,6 |
23,8 |
24,5 |
22,3 |
16,2 |
15,5 |
12,2 |
7,9 |
5,4 |
9,4 |
9,7 |
|
|
09 |
° |
184 |
177 |
146 |
159 |
159 |
171 |
161 |
178 |
179 |
185 |
184 |
175 |
184 |
176 |
177 |
170 |
163 |
173 |
186 |
184 |
189 |
196 |
191 |
191 |
|
km/h |
8,3 |
8,6 |
5,4 |
6,8 |
11,5 |
7,6 |
12,2 |
13,3 |
15,8 |
14,8 |
16,2 |
13,0 |
11,9 |
14,4 |
13,7 |
12,2 |
10,1 |
11,2 |
11,5 |
13,0 |
9,0 |
12,2 |
12,2 |
11,9 |
|
|
10 |
° |
185 |
188 |
194 |
192 |
192 |
199 |
197 |
199 |
207 |
208 |
201 |
205 |
209 |
218 |
214 |
203 |
200 |
210 |
228 |
221 |
216 |
216 |
227 |
225 |
|
km/h |
11,2 |
10,4 |
11,9 |
12,6 |
11,9 |
12,2 |
11,9 |
12,2 |
11,9 |
12,6 |
13,3 |
10,4 |
10,1 |
13,0 |
13,0 |
11,5 |
11,5 |
13,3 |
12,2 |
11,5 |
9,7 |
7,2 |
7,9 |
10,4 |
|
|
11 |
° |
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239 |
196 |
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195 |
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070 |
095 |
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7,2 |
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4,3 |
4,3 |
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5,4 |
4,7 |
7,9 |
5,0 |
7,2 |
9,0 |
10,8 |
9,0 |
10,1 |
9,4 |
8,3 |
7,2 |
7,6 |
|
|
12 |
° |
107 |
110 |
122 |
121 |
136 |
127 |
140 |
156 |
156 |
153 |
158 |
164 |
168 |
172 |
178 |
139 |
128 |
139 |
141 |
168 |
208 |
142 |
147 |
147 |
|
km/h |
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9,4 |
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4,7 |
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8,6 |
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11,5 |
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11,9 |
9,4 |
7,6 |
6,8 |
6,8 |
9,4 |
10,1 |
9,0 |
6,5 |
1,8 |
3,2 |
4,3 |
6,1 |
|
|
13 |
° |
159 |
167 |
178 |
174 |
208 |
204 |
233 |
280 |
333 |
107 |
234 |
259 |
292 |
304 |
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209 |
196 |
100 |
091 |
073 |
080 |
058 |
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|
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5,8 |
6,1 |
6,1 |
6,8 |
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6,1 |
5,0 |
5,0 |
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7,9 |
11,2 |
6,5 |
2,9 |
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4,7 |
3,6 |
4,7 |
5,4 |
3,6 |
5,4 |
4,0 |
4,7 |
|
|
14 |
° |
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164 |
166 |
188 |
178 |
175 |
194 |
169 |
178 |
169 |
170 |
166 |
151 |
154 |
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134 |
133 |
149 |
146 |
152 |
150 |
146 |
142 |
142 |
|
km/h |
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4,7 |
7,2 |
8,6 |
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9,7 |
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8,6 |
8,6 |
8,3 |
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9,0 |
10,8 |
10,1 |
11,2 |
11,2 |
11,9 |
13,7 |
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|
|
15 |
° |
161 |
175 |
177 |
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172 |
174 |
176 |
175 |
169 |
169 |
167 |
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149 |
148 |
141 |
159 |
164 |
162 |
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108 |
113 |
108 |
|
km/h |
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8,3 |
9,0 |
9,7 |
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|
|
16 |
° |
104 |
110 |
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136 |
167 |
181 |
176 |
175 |
165 |
147 |
194 |
187 |
|
km/h |
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10,4 |
9,7 |
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6,5 |
6,8 |
8,3 |
9,4 |
8,3 |
5,8 |
9,7 |
9,0 |
6,1 |
8,3 |
7,6 |
9,7 |
9,4 |
9,0 |
4,7 |
4,3 |
6,8 |
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|
|
17 |
° |
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192 |
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224 |
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171 |
174 |
177 |
190 |
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210 |
205 |
195 |
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|
km/h |
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5,4 |
5,4 |
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5,4 |
5,0 |
4,3 |
5,0 |
6,8 |
7,2 |
6,1 |
6,8 |
7,2 |
7,2 |
8,3 |
8,6 |
8,6 |
10,1 |
9,4 |
10,1 |
11,9 |
12,2 |
12,6 |
|
|
18 |
° |
196 |
196 |
184 |
186 |
183 |
177 |
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177 |
176 |
180 |
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169 |
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km/h |
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20,2 |
17,6 |
18,4 |
19,4 |
19,1 |
19,1 |
19,4 |
17,6 |
9,0 |
14,0 |
15,1 |
|
|
19 |
° |
179 |
191 |
196 |
198 |
187 |
198 |
204 |
178 |
184 |
186 |
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211 |
225 |
241 |
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232 |
226 |
223 |
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013 |
|
km/h |
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19,1 |
20,5 |
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15,5 |
17,3 |
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15,8 |
15,5 |
16,9 |
15,5 |
14,8 |
14,8 |
12,2 |
10,1 |
7,6 |
6,1 |
7,9 |
10,4 |
4,3 |
4,3 |
4,3 |
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|
|
20 |
° |
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059 |
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049 |
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119 |
106 |
105 |
106 |
136 |
145 |
161 |
158 |
|
km/h |
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6,5 |
10,8 |
11,9 |
12,6 |
14,0 |
13,0 |
15,1 |
15,1 |
14,8 |
14,4 |
13,0 |
12,2 |
9,4 |
6,5 |
5,8 |
8,6 |
9,0 |
8,6 |
8,3 |
9,7 |
10,8 |
10,8 |
7,9 |
|
|
21 |
° |
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130 |
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|
km/h |
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8,6 |
9,4 |
9,4 |
9,4 |
9,4 |
9,4 |
12,2 |
12,6 |
14,4 |
15,5 |
16,6 |
19,1 |
22,7 |
24,1 |
19,4 |
18,7 |
18,4 |
19,8 |
16,2 |
12,2 |
8,6 |
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5,0 |
|
|
22 |
° |
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059 |
059 |
059 |
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058 |
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073 |
065 |
063 |
068 |
065 |
075 |
076 |
082 |
|
km/h |
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1,8 |
5,4 |
10,4 |
10,8 |
12,2 |
11,9 |
5,0 |
5,4 |
7,6 |
8,6 |
6,5 |
9,0 |
7,6 |
13,0 |
13,0 |
8,6 |
12,2 |
14,4 |
14,4 |
16,9 |
13,0 |
13,0 |
12,6 |
|
|
23 |
° |
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083 |
084 |
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074 |
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077 |
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073 |
073 |
075 |
073 |
075 |
073 |
074 |
074 |
074 |
|
km/h |
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12,2 |
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15,5 |
16,6 |
15,8 |
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16,2 |
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19,4 |
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20,9 |
21,6 |
21,2 |
24,8 |
23,0 |
23,4 |
23,0 |
24,8 |
22,7 |
|
|
24 |
° |
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060 |
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055 |
054 |
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057 |
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053 |
055 |
049 |
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052 |
055 |
049 |
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051 |
054 |
056 |
|
km/h |
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38,9 |
38,5 |
37,1 |
33,1 |
30,2 |
31,3 |
34,9 |
35,3 |
34,2 |
33,1 |
33,8 |
35,6 |
36,4 |
40,7 |
38,9 |
41,4 |
41,8 |
41,8 |
43,9 |
45,0 |
43,2 |
|
|
25 |
° |
062 |
060 |
060 |
062 |
060 |
064 |
065 |
059 |
056 |
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064 |
063 |
064 |
065 |
061 |
062 |
051 |
050 |
050 |
044 |
046 |
048 |
044 |
046 |
|
km/h |
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33,1 |
28,8 |
25,9 |
23,0 |
26,3 |
26,6 |
24,8 |
23,0 |
23,4 |
23,4 |
22,0 |
19,8 |
18,0 |
21,2 |
21,2 |
23,0 |
24,1 |
21,6 |
23,8 |
21,2 |
23,4 |
|
|
26 |
° |
049 |
046 |
050 |
046 |
044 |
050 |
052 |
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042 |
049 |
053 |
|
km/h |
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18,4 |
18,7 |
20,2 |
23,8 |
19,8 |
20,5 |
26,6 |
21,6 |
23,0 |
20,9 |
16,2 |
18,7 |
16,9 |
17,6 |
20,2 |
22,7 |
21,2 |
19,1 |
23,4 |
20,2 |
21,6 |
29,2 |
|
|
27 |
° |
040 |
039 |
041 |
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049 |
043 |
042 |
043 |
047 |
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049 |
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055 |
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048 |
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039 |
040 |
042 |
042 |
049 |
047 |
|
km/h |
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24,1 |
28,1 |
28,1 |
23,4 |
28,1 |
26,6 |
28,1 |
25,2 |
26,6 |
24,8 |
27,0 |
23,0 |
17,3 |
14,8 |
16,2 |
18,7 |
15,5 |
13,0 |
19,8 |
14,0 |
16,2 |
18,4 |
19,4 |
|
|
28 |
° |
052 |
047 |
049 |
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066 |
067 |
072 |
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053 |
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055 |
052 |
058 |
057 |
050 |
043 |
052 |
052 |
051 |
047 |
046 |
036 |
043 |
|
km/h |
18,0 |
18,0 |
25,9 |
24,1 |
22,0 |
21,2 |
18,0 |
13,7 |
15,1 |
20,2 |
19,1 |
22,0 |
26,3 |
26,3 |
25,6 |
27,0 |
28,1 |
25,9 |
23,4 |
23,8 |
25,2 |
25,6 |
16,9 |
19,8 |
|
|
29 |
° |
040 |
048 |
048 |
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041 |
054 |
044 |
044 |
050 |
055 |
049 |
045 |
041 |
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049 |
046 |
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032 |
031 |
351 |
336 |
316 |
326 |
335 |
|
km/h |
23,8 |
25,6 |
22,7 |
20,9 |
13,7 |
10,1 |
14,8 |
20,5 |
19,1 |
15,8 |
19,4 |
22,3 |
20,9 |
20,9 |
20,2 |
16,6 |
19,8 |
19,8 |
16,6 |
9,7 |
8,3 |
8,3 |
11,5 |
11,9 |
|
|
30 |
° |
339 |
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025 |
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019 |
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031 |
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028 |
024 |
010 |
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359 |
352 |
360 |
003 |
357 |
|
km/h |
13,3 |
17,6 |
21,2 |
18,7 |
19,1 |
24,1 |
17,3 |
16,9 |
17,3 |
18,4 |
19,1 |
22,0 |
22,7 |
22,7 |
18,7 |
16,6 |
15,8 |
16,9 |
15,5 |
12,6 |
9,7 |
11,5 |
10,1 |
10,8 |
|
|
31 |
° |
345 |
344 |
343 |
271 |
266 |
355 |
026 |
259 |
252 |
262 |
252 |
249 |
264 |
264 |
239 |
236 |
242 |
250 |
237 |
223 |
238 |
246 |
247 |
246 |
|
km/h |
13,0 |
12,2 |
10,4 |
6,5 |
7,6 |
6,8 |
4,3 |
5,8 |
7,9 |
9,7 |
9,0 |
9,4 |
9,4 |
9,7 |
10,8 |
11,5 |
12,6 |
13,3 |
10,1 |
9,7 |
10,8 |
13,3 |
13,0 |
16,6 |
|
|
|
c: vent
calme (vitesse < 0.3 m/s = 1.08 km/h) |
||||||||||||||||||||||||
|
|
* Heure
locale pendant l'horaire d'hiver: TU+1, pendant l'horaire d'été: TU+2 |
||||||||||||||||||||||||
L’énergie estimée pour le mois de décembre est la
suivante :
301 × 0,264 kW + 104 × 1,221 kW + 28 × 3,350 kW + 7 × 5 kW ≈ 335 kWh pour le
mois de décembre, ce qui correspond à une moyenne d’environ 10,8 kWh par jour.
Selon les données
Leneda, mon ancienne installation photovoltaïque de 7 kWc, âgée de 23 ans, a
produit 179 kWh en décembre 2025. Par simple proportionnalité, une installation
de 12 kWc (mise en service en janvier 2026 en remplacement des anciens
panneaux) aurait produit environ 300 à 310 kWh sur la même période.
En y ajoutant la
production simulée d’une éolienne domestique de 5 kW (environ 335 kWh pour
décembre), la production totale aurait atteint environ 618 kWh pour le mois,
soit une moyenne d’environ 20,6 kWh par jour.
Même pour un des
mois les moins favorables de l’année, un tel niveau de production permettrait,
en moyenne, de couvrir les besoins électriques de base du ménage, à condition
de ne pas inclure la recharge du véhicule hybride rechargeable et sous réserve
d’une gestion adaptée du stockage.
Pour aller plus
loin, il suffirait d’installer une 2.éolienne de 5.000 W sur le toit 😊 (ou, plus simplement, une seule éolienne
de 10 000 W) et le tour serait encore un peu plus joué. Cela représenterait, à
la louche, environ 10 kWh par jour supplémentaires, ce qui me permettrait même
de recharger la voiture plug-in hybride de mon épouse 😊😊😊.Donc, on ne peut pas dire que les
éoliennes verticales hélicoïdales soient un facteur marginal.
|
Classe (km/h) |
Heures |
% |
|
0–10 |
182 |
25,3 % |
|
10–20 |
392 |
54,4 % |
|
20–30 |
139 |
19,3 % |
|
30–40 |
7 |
1,0 % |
|
>40 |
0 |
0,0 % |
Production “à
partir des classes” (approximation)
Méthode
“milieu de classe”
On prend une
vitesse représentative par classe :
- 10–20 → 15 km/h
- 20–30 → 25 km/h
- 30–40 → 35 km/h
Puissances correspondantes :
- 15 km/h → 0,264 kW
- 25 km/h → 1,221 kW
- 35 km/h → 3,350 kW
Énergie juin
(approx.) :
E≈392⋅0,264+139⋅1,221+7⋅3,350≈296" " kWh
➡️ ≈ 296 kWh sur juin 2025 (approx “classes”) avec une éolienne 5000 W.
En juin 2025 :
beaucoup de vent 10–20 km/h, très peu >30 km/h → production
éolienne modérée.
Avec le modèle (5
kW @ 40 km/h, cut-in 10) :
- ≈ 267 kWh sur juin 2025 (calcul horaire, le plus fiable ici)
- ≈ 296 kWh si on ne garde que les classes “milieu de classe”
- fourchette classes : 132 à 573 kWh (incertitude due à la
dispersion interne des classes)
En extrapolant la
production photovoltaïque de juin 2025 avec la nouvelle installation PV,
celle-ci aurait atteint environ 1 477 kWh. En y ajoutant la production estimée
de l’éolienne (296 kWh), la production totale aurait été de 1 773 kWh, soit
environ 59 kWh par jour.
En extrapolant
sur l’année, en retenant une moyenne de 300 kWh par mois pour l’éolienne, la
production annuelle de celle-ci serait d’environ 3 600 kWh (soit environ 7 200
kWh pour une éolienne de 10 000 W).
Ces simulations
suggèrent qu’une éolienne domestique présente un intérêt, en particulier durant
la période la moins favorable de l’année.
En résumé : si
les autorités communales m’interdisent d’ériger une éolienne domestique sur mon
terrain ou sur mon toit, cela me ferait non seulement perdre un potentiel
économique, mais réduirait également de manière notable ma sécurité
énergétique, notamment entre octobre–novembre et février–mars.
Après avoir
analysé deux mois à titre d’exemple, j’ai fait calculer par l’IA la production
annuelle d’électricité d’une éolienne domestique verticale hélicoïdale de 5 000
W, 10 000 W et 12 000 W pour l’année 2025.
La production
pour 2025 aurait été substantielle pour des puissances de 10.000 W et 12.000 W.
Des éoliennes pareilles existent, du moins nominalement, mais on ne sait pas ce
qu’elles valent.
Néanmoins,
l’utilisation directe de ces sources d’énergie pose plusieurs problèmes. Il
existe des moments où l’électricité — qui n’est en réalité qu’un vecteur
énergétique — produite par ces installations peut être consommée immédiatement.
Toutefois, il arrive fréquemment que la production dépasse la consommation
domestique, ou qu’elle fasse défaut en raison des conditions atmosphériques.
Il est donc
nécessaire de disposer de solutions de stockage. La batterie s’impose en
premier lieu pour des raisons pratiques. Toutefois, selon la consommation et
les objectifs visés, sa capacité doit généralement se situer entre 10 et 40
kWh, voire davantage, en fonction du nombre de personnes dans le ménage et de
l’usage de l’électricité.
Si l’on vise une
certaine sécurité énergétique en cas de blackout de plusieurs jours, une
capacité de 12 kWh est très probablement insuffisante, surtout si le soleil ne
brille pas et si le vent ne souffle pas.
Si l’on souhaite
aller plus loin encore dans le stockage d’énergie, l’électrolyse domestique —
lorsque la batterie est déjà bien chargée — associée à un stockage d’hydrogène
et à une pile à combustible peut constituer une solution complémentaire.
On pourrait donc
y remédier en prévoyant, au moins en partie, d’importantes capacités de
stockage de l’électricité excédentaire par rapport à la demande, que ce soit
sous forme de batteries ou d’hydrogène (H₂). Des efforts croissants sont
engagés dans cette voie, mais les infrastructures nécessaires pour se passer
entièrement des énergies fossiles sont encore loin d’être pleinement
opérationnelles.
Le Luxembourg
n’est pas encore une grande plateforme d’électrolyse ou de stockage d’hydrogène
à l’échelle industrielle. Il a toutefois lancé des projets pilotes
significatifs, mis en place un cadre politique favorable et engagé des
investissements publics pour développer cette filière.
Un appel à
projets national soutient d’autres capacités d’électrolyse renouvelable
comprises entre 100 kW et 6 MW par installation, avec un budget global
d’environ 110 millions d’euros destiné à stimuler ce secteur. Deux
projets ont été sélectionnés :
- LuxHyVal Green Hydrogen Production, porté par Enovos S.A., prévoyant une capacité d'électrolyse d’environ 5 MW dans le parc industriel de Bascharage, avec une mise en service envisagée autour de 2026.
- ECHO-WAVE, porté par Energiwiss Kielen S.A.R.L., visant une capacité d'électrolyse de 2,5 MW.
Ensemble, LuxHyVal Green Hydrogen Production (Bascharage, 5 MW) et ECHO
WAVE (Kehlen, 2,5 MW) sont annoncés comme devant produire et commercialiser
environ 500 tonnes d’hydrogène vert par an au total.
Le pays mise principalement sur son intégration dans les infrastructures
régionales : le projet HY4Link doit relier le Luxembourg au futur « European
Hydrogen Backbone », un réseau transfrontalier de transport d’hydrogène reliant
la France, la Belgique et l’Allemagne.
Le Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST) participe au
projet européen ECOHYDRO, qui vise à développer des réservoirs de stockage
d’hydrogène haute pression plus légers, recyclables et adaptés au transport
lourd (camions, mobilité).
Il existe donc bel et bien des initiatives liées à l’hydrogène (H₂) au
Luxembourg.
Pour
rappel : Stratégie hydrogène du Luxembourg : https://meco.gouvernement.lu/dam-assets/publications/strategie/20250709-meco-spicherstrategie-ltzebuerg.pdf
Mais peut-on
transposer cette filière « industrielle » au triptyque énergétique sécuritaire
de PME, de foyers ou d’entités d’habitation collective plus importantes,
évidemment dans des proportions adaptées à chaque situation ?
Si l’on simule la
production d’électricité par des panneaux photovoltaïques installés sur le toit
d’un hypermarché (3 000 à 8 000 m² exploitables) ainsi que sur un parking
correspondant (5 000 à 15 000 m²) couvert d’ombrières, on peut aisément
atteindre une puissance totale de l’ordre de 1 à 3 MWc.
Il existe une
offre commerciale d’électrolyseurs adaptée à cet ordre de grandeur. Certains
fabricants proposent des électrolyseurs PEM ou alcalins modulaires de 1 à 10
MW, conçus pour fonctionner à cette échelle :
- PEM : H-TEC (ME 450/1400 : 1 MW → 450 kg H₂/jour), ITM Power (1–5 MW),
Plug Power, Cummins (HyLYZER : 1–5 MW).
- Alcalins : Thyssenkrupp Nucera (1–20 MW), Nel Hydrogen (6–20 MW), McPhy (1–5
MW).
Il existe
également des électrolyseurs « moins industriels », utilisables au niveau de
constellations de voisinage, comme par exemple l’AEM Electrolyzer EL 4, qui
peut être intégré de manière modulaire en rack selon les besoins.
Il peut être
pertinent de passer du triptyque énergétique domestique à un polyptique de
voisinage, afin de mutualiser et de lisser les productions et les
consommations, en complément du triptyque individuel.
Si l’on part du
principe d’un triptyque domestique (photovoltaïque, batterie, éventuellement
éolienne), lorsque la batterie d’un foyer est pleine, le surplus d’électricité
pourrait, au lieu d’être injecté dans le réseau, être dirigé vers une batterie
de voisinage disposant de capacités plus importantes.
Si cette batterie
collective est également saturée, l’électricité excédentaire pourrait alimenter
un électrolyseur afin de produire de l’hydrogène. Ce stock d’hydrogène
permettrait ultérieurement, via une pile à combustible, de réalimenter la
batterie de voisinage en période déficitaire. L’objectif principal serait
d’absorber le décalage saisonnier entre production et consommation.
Sur le plan
conceptuel, il s’agirait d’un schéma Power-to-Gas-to-Power (P2G2P) appliqué à
l’échelle domestique ou de voisinage. Un tel cycle entraîne toutefois des
pertes énergétiques significatives : le rendement global de la chaîne
électrolyse–stockage–pile à combustible se situe généralement autour de 25 à 35
%, ce qui implique une perte de 65 à 75 % de l’énergie initiale.
On ne se situe
donc pas dans une logique d’optimisation énergétique ou économique directe.
Toutefois, si un surplus de production d’électricité est faiblement rémunéré
lors de son injection dans le réseau, le fait de pouvoir en stocker une partie
pour un usage ultérieur peut constituer un avantage stratégique.
Il ne s’agit donc
pas de « créer » de l’énergie, mais de transformer un excédent peu valorisé en
capacité d’autoconsommation différée, contribuant ainsi à la sécurité
énergétique et à la résilience locale.
Il existe donc à
la fois une perte thermodynamique réelle inhérente au cycle P2G2P et, dans
certains cas, une faible valorisation économique de l’électricité injectée dans
le réseau.
Toutefois, l’idée
peut rester pertinente si l’on privilégie des objectifs tels que l’autonomie,
la résilience, la sécurité énergétique, le lissage des productions et des
consommations, ainsi que la mutualisation locale des ressources.
Le raisonnement
ne relève pas d’une optimisation énergétique ou financière stricte, mais d’une
stratégie de sécurisation et de décentralisation du système énergétique.
L’objectif n’est
donc pas de « gagner » de l’énergie, mais de transformer un surplus instantané
en autoconsommation différée. Cette stratégie peut réduire la dépendance aux
fluctuations tarifaires du marché et renforcer la sécurité énergétique grâce à
une décentralisation accrue.
Une telle
constellation suppose toutefois des infrastructures de stockage adaptées, une
coordination technique fine et une viabilité économique à évaluer.
Essayons à
présent de simuler une telle configuration. Nous partons de la configuration suivante
:
Niveau maison et
batterie individuelle :
- PV (ex : 12 kWc)
- Batterie maison (ex : 10–30 kWh)
- Priorité : autoconsommation immédiate
- Puis remplissage batterie individuelle
Quand elle est
pleine, le surplus est injecté, non dans le réseau national mais vers une
batterie de quartier avec, à titre d’exemple, de 300 kWh – 2 MWh. Cette
batterie :
- absorbe les surplus simultanés
- lisse les profils
- redistribue le soir
- réduit les pointes locales
On peut estimer
le rendement d’une batterie à environ 85–92 %. Cette solution est donc
nettement plus avantageuse sur le plan énergétique.
Dans un quartier,
certains habitants sont absents la journée tandis que d’autres consomment. Les
profils de consommation ne sont pas synchrones. La mutualisation permet ainsi
de réduire le surdimensionnement individuel ainsi que le nombre de jours où l’ensemble
des batteries sont simultanément « pleines ».
L’hydrogène
devient alors une option stratégique plutôt qu’un outil de stockage quotidien.
Il s’inscrit davantage dans une logique de stockage saisonnier ou de sécurité à
long terme.
On évite ainsi de
faire passer chaque petit surplus par une chaîne inefficace et d’installer des
dizaines de mini-systèmes complexes.
À l’échelle du
Luxembourg, cette idée s’inscrit dans une logique de résilience locale, de
réduction des injections faiblement rémunérées et de diminution des
importations, tout en contribuant au renforcement de la stabilité du réseau
basse tension.
Elle est
également cohérente avec des déploiements à plus grande échelle, notamment au
niveau des communes rurales, des lotissements récents ou des coopératives
énergétiques.
Voyons une
simulation concrète.
Si je considère
la production de ma installation photovoltaïque d’avril 2025 à septembre 2025 —
période particulièrement favorable au solaire — elle s’élève à 7 945 kWh, pour
une consommation de 2 964 kWh sur la même période.
J’aurais pu
injecter directement le surplus, d’abord vers la consommation immédiate, puis
dans une batterie domestique et, s’il restait encore un excédent, dans une
batterie de voisinage. Il s’agit en effet de la période faste pour le
photovoltaïque.
Pendant la
période plus faible pour le photovoltaïque (d’octobre à mars), la production
s’élevait à 3 079 kWh, tandis que la consommation atteignait 3 648 kWh. Il en
résulte un déficit de 569 kWh, que je devrais compenser d’abord au niveau
journalier par le recours à la batterie domestique, pour autant qu’elle soit
suffisamment chargée, puis, le cas échéant, à la batterie de voisinage.
Si j’intègre
l’apport d’une éolienne domestique verticale hélicoïdale de 10 000 watts, la
simulation de production pour 2025 indiquait, sur la même période
automne–hiver, environ 3 330 kWh. Le déficit de 569 kWh aurait ainsi été
largement compensé, et un surplus d’environ 2 761 kWh aurait même pu être
injecté dans la batterie de voisinage.
Le bilan sur
toute l’année 2025 aurait été le suivant :
- Production PV : 11.016 kWh
- Production éolienne 6.142 kWh
- Consommation : 6.613 kWh
- Bilan : 10.545 kWh/an ou 28,9 kWh/jour en surplus
J’aurais donc été
largement autosuffisant sur une base annuelle, à condition de disposer de
capacités de stockage permettant de compenser les décalages journaliers,
mensuels et surtout saisonniers. La question devient alors de savoir s’il
convient de surdimensionner une batterie — solution efficace pour le lissage
quotidien, mais coûteuse si l’objectif est essentiellement saisonnier — de
recourir à une chaîne hydrogène (électrolyse + stockage + pile à combustible),
malgré un rendement aller-retour plus faible, ou encore de participer à une
batterie de voisinage permettant une mutualisation efficace des décalages à
l’échelle locale.
Supposons que je
convertisse en hydrogène la totalité du surplus annuel non stockable par
batterie. Un électrolyseur moderne (PEM ou AEM) consomme typiquement environ 52
kWh pour produire 1 kg d’H₂. Avec un surplus de 10 545 kWh, cela représenterait
environ 202,8 kg d’H₂ (10 545 / 52).
Sachant que 1 kg
d’H₂ (PCI) contient environ 33,3 kWh d’énergie chimique, l’énergie totale
stockée sous forme d’hydrogène serait d’environ 6 753 kWh (202,8 × 33,3).
Si cette énergie
chimique alimente ensuite une pile à combustible avec un rendement électrique
d’environ 50 %, l’électricité récupérable serait de l’ordre de 3 300 à 3 400
kWh sur la saison froide. Cela correspondrait en moyenne à environ 550 kWh par
mois sur six mois, soit 18 kWh par jour.
Combinée à la
production photovoltaïque hivernale, cette contribution rapprocherait fortement
le système de l’autarcie, à condition que la puissance de la pile à
combustible, la gestion des pointes de charge ainsi que les contraintes de
stockage et de sécurité soient compatibles avec l’usage réel.
En l’absence
d’une analyse expérimentale sur le terrain, on en reste à des simulations
complexes fondées sur des hypothèses dont la fiabilité peut être limitée.
Il serait sans
doute plus prudent d’exploiter pendant une année complète le triptyque
photovoltaïque–éolienne–batterie afin d’analyser, au jour le jour, les données
réelles de production et de consommation. Cela implique d’accepter, durant
cette phase d’observation, l’injection de certains surplus dans le réseau ainsi
que l’achat ponctuel d’électricité auprès du fournisseur.
Ce retour
d’expérience permettrait ensuite d’évaluer plus sereinement l’opportunité d’un
raccordement à une batterie de voisinage ou même de l’installation d’une unité
d’électrolyse, individuelle ou mutualisée.
Selon certains
calculs, il faudrait disposer de capacités de stockage d’hydrogène permettant,
au début de l’automne, d’accumuler environ 200 kg (voire davantage) afin de
constituer une réserve énergétique suffisante pour la période automne–hiver.
Des solutions
commerciales existent pour une configuration complète « électrolyse –
compression – stockage – pile à combustible », mais à cette échelle, on entre
déjà dans une logique quasi industrielle.
Le volume d’une
telle installation peut atteindre un ordre de grandeur comparable à celui d’un
petit conteneur — à moins d’aménager un local technique dédié — notamment en
raison du stockage haute pression, des équipements de compression et des
dispositifs de sécurité requis.
Quant au coût, il
peut s’élever à plusieurs centaines de milliers d’euros, selon la configuration
choisie (pression de stockage, puissance de la pile à combustible, niveau
d’intégration, exigences réglementaires).
Un tel système
semble donc davantage envisageable à l’échelle d’un voisinage d’au moins une
dizaine d’habitations qu’à celle d’une seule maison où le coût devient plutôt
prohibitif.
On peut toutefois
modifier l’hypothèse initiale. Plutôt que de viser un stockage saisonnier
complet dès le début de l’automne — ce qui impose un dimensionnement important
pour absorber les variations saisonnières — on pourrait produire de l’hydrogène
uniquement lorsque la batterie domestique est pleine et qu’un surplus
photovoltaïque est disponible.
L’électrolyseur
fonctionnerait alors comme un dispositif de valorisation des excédents, tandis
que la pile à combustible ne serait activée que lorsque le niveau de charge de
la batterie descendrait sous un seuil prédéfini (par exemple 50 %).
L’hydrogène
deviendrait ainsi un stockage longue durée complémentaire, sans prétendre
couvrir intégralement la saison froide.
Une autre option
consisterait à viser un objectif de stockage plus modeste que 200 kg et à
s’orienter vers des systèmes intégrés destinés aux maisons individuelles, tels
que le Picea 2 : liens vers sites commerciaux -> https://www.neozone.org/innovation/picea-home-power-solutions-devoile-une-nouvelle-batterie-residentielle-a-hydrogene-1-500-kwh/ et -> https://www.etr-energietechnik.at/upload/technisches-datenblatt-picea-2-hps-etr.pdf )
Ce type de
solution combine électrolyse, stockage d’hydrogène et pile à combustible dans
une architecture compacte, avec des capacités de stockage énergétique «
électrique équivalente » de l’ordre de 300 à 1 500 kWh.
Il ne s’agit pas
d’une batterie lithium-ion classique de 1 500 kWh, mais d’énergie chimique
stockée sous forme d’hydrogène, puis reconvertie en électricité au moyen d’une
pile à combustible.
Le rendement
global de la chaîne électricité → hydrogène → électricité reste nécessairement
inférieur à 100 % ; il se situe typiquement de l’ordre de 25 à 40 % pour
l’électricité seule (et peut être plus élevé si l’on valorise également la
chaleur produite par la pile, dans une logique de cogénération).
L’énergie
effectivement récupérable dépend donc du rendement global du système, tandis
que la puissance instantanée disponible dépend principalement du
dimensionnement de la pile à combustible.
Sur la période
automne–hiver, le stock d’hydrogène peut effectuer plusieurs cycles partiels :
il se décharge durant les périodes déficitaires et se recharge lors des
épisodes excédentaires (vent et/ou ensoleillement).
Ainsi, même si la
capacité maximale de stockage est limitée (par exemple 1 500 kWh équivalents),
le cumul d’énergie transitant vers l’électrolyse sur une période de six mois
peut dépasser cette valeur, à condition que la production renouvelable génère
des surplus récurrents au cours de cette période.
Dans un système
domestique typique (photovoltaïque + batterie + électrolyseur + stockage d’H₂ +
pile à combustible), la logique de priorité est généralement la suivante :
- Les charges domestiques sont alimentées en priorité.
- La batterie se recharge jusqu’à son seuil maximal.
- L’électrolyseur fonctionne en cas de surplus, à condition que le stockage d’hydrogène ne soit pas saturé et que la puissance disponible soit suffisante.
Si le stockage
d’H₂ est entièrement rempli, l’électrolyseur est arrêté par la régulation. Le
surplus d’électricité doit alors être soit injecté dans le réseau, soit limité
par une réduction de la production photovoltaïque, soit valorisé au moyen d’une
charge secondaire.
Dans un tel
système, la production photovoltaïque hivernale seule est généralement
insuffisante pour assurer un niveau élevé d’autonomie saisonnière. Si
l’objectif est de maximiser l’autarcie et la sécurité énergétique pendant la
période froide, l’ajout d’une autre source intermittente, telle qu’une éolienne
domestique, devient particulièrement pertinent, car sa production est souvent
mieux corrélée aux besoins hivernaux.Le coût d’un tel système dépasse
généralement 100 000 €, mais il reste nettement inférieur à celui d’une
infrastructure de stockage de plusieurs centaines de kilogrammes d’hydrogène.
L’hydrogène devient dans cette solution un amortisseur complémentaire.
À l’analyse de
ce bilan, on constate que l’éolienne domestique peut jouer un rôle important.
On peut même la considérer comme quasi indispensable si l’on vise un niveau
maximal d’autarcie et de sécurité énergétique. Dans une approche plus modeste,
elle apparaît surtout comme un outil très utile pour lisser le profil
saisonnier de production. Elle est particulièrement pertinente lorsque le vent
est favorable en hiver, devenant ainsi un complément naturel à la production
photovoltaïque.
Le triptyque «
électrolyseur – stockage d’hydrogène – pile à combustible » devra, quant à lui,
faire l’objet d’une analyse approfondie : soit en envisageant une telle
installation à l’échelle de la maison, soit en l’adossant à une batterie de
voisinage. Encore faudra-t-il trouver des voisins disposés à s’engager dans
cette démarche collective.
La simulation
précédente a été réalisée sans prise en compte d’une pompe à chaleur (PAC) pour
le chauffage. Elle reposait sur mes données personnelles de production
photovoltaïque et de consommation réelle, incluant uniquement une petite PAC
dédiée à la production d’eau chaude sanitaire ainsi que le chargement d’une
voiture hybride rechargeable.
L’adjonction
d’une pompe à chaleur (PAC) pour le chauffage d’une maison individuelle
entraîne, selon les cas et le niveau d’isolation, une consommation électrique
supplémentaire de l’ordre de 5 000 à 7 000 kWh par an, voire davantage pour des
bâtiments moins performants.
Cette
consommation est toutefois fortement concentrée sur la période hivernale, ce
qui accentue le décalage saisonnier entre production photovoltaïque et besoins
énergétiques.
Dans une telle
configuration, l’éolienne domestique ne constitue plus seulement un complément
utile, mais devient un élément particulièrement pertinent, voire
structurellement nécessaire si l’objectif est d’atteindre un niveau élevé
d’autarcie et de sécurité énergétique en hiver.
Dans ce nouveau
contexte, le problème n’est plus seulement une question d’énergie (kWh), mais
devient surtout saisonnier (période hivernale) et dépend également de la
puissance instantanée disponible (kW), en particulier de la puissance de la
pile à combustible. En effet, c’est cette puissance qui détermine si l’on peut
alimenter la maison en temps réel et soutenir durablement la recharge de la
batterie.
Dans le cas du
Picea 2, la pile à combustible délivre une puissance maximale continue de 1,5
kW : c’est un plafond. Si elle fonctionne 24 heures à pleine puissance, elle
peut fournir au maximum 1,5 kW × 24 h = 36 kWh sur une journée (valeur
théorique).
En ajoutant à
cela la production journalière des renouvelables en hiver — par exemple une
journée « maigre » de photovoltaïque (et, le cas échéant, une contribution
éolienne) — on obtient une quantité totale de kWh disponible. Cependant, si
cette production reste inférieure à la consommation et ne génère aucun surplus,
l’électrolyseur ne peut pas produire d’hydrogène : le stock d’H₂ ne se recharge
donc pas. Dans ce cas, la réserve d’hydrogène finira par diminuer et pourra
faire défaut à terme, surtout lors de séquences prolongées défavorables (peu de
soleil et peu de vent).
Pour une
collectivité énergétique de 10 maisons, on peut faire une simulation (par
une IA). Les hypothèses de départ :
Hypothèses (à ajuster)
- PV
: 12 kWc/maison.
- Production annuelle Luxembourg : ~850–950 kWh/kWc/an. → 12
kWc = 10,2 à 11,4 MWh/an par maison. (Confiance: élevée)
- Conso électrique “hors chauffage” : ~4 000 kWh/an par ménage
(ordre de grandeur). (Confiance: moyenne)
- Batterie individuelle : typiquement 10–30 kWh utilisables
(tu n’as pas donné le chiffre, donc je garde une plage).
Résultat
“annuel”
Par maison (ordre
de grandeur) :
- Production
: 10,2–11,4 MWh/an
- Conso
: ~4,0 MWh/an
- Surplus
brut annuel : ~6,2–7,4 MWh/an
Pour 10 maisons :
- Production
: 102–114 MWh/an
- Conso
: ~40 MWh/an
- Surplus brut annuel agrégé : ~62–74 MWh/an
👉 Donc oui : à l’échelle du voisinage, il y
a un surplus “structurellement important” si on parle bien d’électricité
domestique sans chauffage lourd.
Taille
“optimale” d’une batterie de voisinage (et pourquoi)
Ici, l’objectif
réaliste d’une batterie de voisinage n’est pas le saisonnier, mais :
- éviter l’injection quand les batteries individuelles
sont pleines,
- servir le quartier le soir / nuit,
- lisser les pointes et réduire les appels réseau.
Hypothèse de
dimensionnement (pragmatique)
Pour 10 maisons
“hors chauffage” :
- conso moyenne ≈ 40 MWh/an → ~110
kWh/jour (moyenne)
- la part à “décaler” du midi vers la
soirée/nuit est souvent 40–70% des kWh journaliers (selon mode de
vie).
➡️ Une cible raisonnable de batterie de
voisinage :
- Énergie
utile : 200 à 500 kWh
- Puissance : 50 à 150 kW (pour encaisser
plusieurs maisons en même temps : cuisson + machines + chauffe-eau, etc.)
Pourquoi cette plage ?
- 200 kWh permet déjà de “rattraper”
beaucoup de soirées.
- 500 kWh donne une vraie marge sur 1–2
jours (mais sans prétendre faire l’hiver).
Rendement
Une batterie
Li-ion (ou LFP) a typiquement ~85–95% de rendement aller-retour.
(Confiance: moyenne)
👉 C’est pour ça que, au quotidien, la
batterie de voisinage est presque toujours le meilleur “anti-injection”.
Part
d’autarcie annuelle atteignable (sans et avec batterie de voisinage)
Ici je distingue autarcie
annuelle moyenne (kWh) et autarcie instantanée (puissance).
Hypothèse A
— Batteries individuelles seulement (confiance: moyenne)
Avec des
batteries maison “correctes” (10–30 kWh), on atteint souvent une indépendance
de l’ordre de ~50–75% (très dépendant de l’hiver, du VE, de l’ECS,
etc.).
(Je reste volontairement prudent : ce chiffre varie énormément selon
comportements et dimensionnement.)
Hypothèse B
— + batterie de voisinage (confiance: moyenne à élevée)
La mutualisation apporte :
- diversité des profils (tous ne
chargent/déchargent pas pareil),
- meilleure capture des surplus “quand
certains sont pleins”.
➡️ Une fourchette réaliste :
- ~70–90% d’autarcie sur l’année pour
l’électricité domestique hors chauffage,
- mais l’hiver restera le “mur” si
conso augmente et production baisse.
👉 En clair : la batterie de voisinage sert surtout
à augmenter fortement l’autoconsommation et à réduire l’injection mal
payée, plus qu’à “stocker pour l’hiver”.
Le H₂
saisonnier : quand ça devient pertinent et combien il en faut
Point de
principe (confiance: élevée)
Le stockage
saisonnier (été → hiver) est précisément le cas où l’hydrogène peut faire
sens… mais :
- rendement aller-retour élec → H₂ →
élec souvent ~30–40% (ordre de grandeur). (Confiance:
moyenne)
- et il faut stocker beaucoup.
Exemple
chiffré simple
Supposons
qu’après batteries individuelles + batterie de voisinage, il reste quand même
un surplus estival “structurel” à convertir en H₂.
Prenons 20 MWh de surplus électrique annuel vraiment excédentaire
(sur 10 maisons) — valeur plausible si le quartier est très PV et peu chauffé
électriquement.
- Électricité récupérable en hiver via
pile (à 35% aller-retour) :
20 MWh × 0,35 ≈ 7 MWh d’électricité. - Masse d’H₂ correspondante (ordre de
grandeur) :
1 kg H₂ (PCI) ≈ 33 kWh.
Pour 20 MWh entrant, l’énergie chimique stockée dépend du rendement d’électrolyse, compression, etc.
Ordre de grandeur : on retombe souvent sur quelques centaines de kg si on vise de gros transferts saisonniers, ou dizaines de kg pour des objectifs plus modestes (sécurité / secours).
👉 Traduction pratique : dès qu’on veut “sauver
l’été pour l’hiver” à l’échelle d’un quartier, tu entres dans un projet où :
- l’électrolyseur et la pile doivent
être centralisés,
- le stockage H₂ devient une question d’infrastructure
(pression, local, sécurité, conformité),
- et l’usage le plus rationnel est
souvent : secours longue durée / résilience, pas “optimisation fine
du kWh”.
Synthèse
finale (ce qui paraît le plus solide)
Hypothèse la
plus robuste (confiance: élevée)
👉 Batteries individuelles d’abord, puis batterie de voisinage : c’est là qu’on capte le plus de valeur, avec le meilleur rendement,
et ce qui réduit le plus l’injection.
Hypothèse
plausible ensuite (confiance: moyenne)
👉
Le H₂ au niveau voisinage/quartier devient pertinent uniquement
pour :
- stockage long (jours/semaines),
- ou une part de saisonnier,
- ou un objectif de résilience (blackout),
- car le rendement est nettement inférieur à une batterie et l’infrastructure est plus lourde.
Dans l’hypothèse
d’un stockage saisonnier d’environ 200 kg d’H₂ (c’est-à-dire un stock constitué
au début de l’automne), on se situe généralement dans une configuration
combinant un local technique (électrolyse, compression, système de commande et
dispositifs de sécurité) et un stockage haute pression.
Selon le niveau
d’intégration et la capacité retenue, l’encombrement peut varier sensiblement :
pour des volumes plus modestes, quelques mètres carrés peuvent suffire, tandis
qu’à l’échelle de 200 kg, l’installation peut approcher le gabarit d’un petit conteneur
si l’on vise une solution entièrement intégrée, ventilée et de type quasi
industriel.
À titre d’ordre
de grandeur, un stockage stationnaire d’environ 200 kg d’H₂ à 500 bar chez
Vítkovice Cylinders correspond à un ensemble d’environ 80 bouteilles de 75
litres. Les dimensions publiées pour ce type de bundle sont de l’ordre de 1,44
m × 6,06 m × 2,20 m, soit un volume d’encombrement d’environ 19 m³ et une
surface au sol proche de 8,8 m².
Cette emprise
n’est pas négligeable et implique, en pratique, un espace extérieur dédié ou un
local technique spécifiquement aménagé, auquel s’ajoutent les exigences
d’accès, de ventilation et de sécurité réglementaire.
Un stockage de
200 kg d’H₂ représente déjà une infrastructure énergétique significative. On ne
se situe plus dans la catégorie d’un simple « équipement domestique », mais
plutôt dans celle d’une minicentrale locale — ce qui justifie précisément une
réflexion à l’échelle du voisinage.
Conclusion
Le sujet est
complexe et il serait pertinent d’en discuter la validité avec des spécialistes
du domaine. Le présent document ne constitue qu’un premier tour d’horizon
destiné à situer les enjeux du débat.
Je précise
toutefois qu’il a été rédigé dans le cadre de ma réflexion — que certains
qualifieraient peut-être de plaidoyer — en faveur des éoliennes domestiques,
dont l’utilité me semble manifeste à l’échelle du foyer.
Avec la
généralisation des pompes à chaleur et des véhicules électriques, une
installation composée uniquement de panneaux photovoltaïques et de batteries,
même de grande capacité, risque de s’avérer insuffisante si l’objectif est la
sécurité énergétique, un maximum d’autonomie et d’autoproduction.
Je n’exclus
évidemment pas d’avoir commis des erreurs. Si des lecteurs en identifient —
même si elles remettent en cause le raisonnement présenté — je leur serais
reconnaissant de les signaler dans les commentaires afin de pouvoir les
corriger et, le cas échéant, réexaminer la logique exposée et en tirer les
conclusions nécessaires.
Les éléments
avancés doivent donc être compris comme des hypothèses argumentées et non comme
des certitudes. Ils restent ouverts à la critique, à la vérification empirique
et, le cas échéant, à la réfutation. Toute réflexion sur l’autonomie
énergétique s’inscrit dans un horizon de connaissance nécessairement
provisoire. Les propositions ici esquissées valent tant qu’aucune donnée
robuste ne vient en démontrer les limites ou les insuffisances. Elles veulent seulement
contribuer à un débat rationnel sur les conditions d’une plus grande résilience
énergétique des foyers.
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